-v- HARVARD UNIVERSITY. ii Mi LIBRARY OF THE MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY. SU\\A>s. HISTOIRE NATURELLE DES CRUSTACÉS. HISTOIRE NATURELLE DES CRUSTACÉS, contenant leur Description et leurs Mœurs ; AVEC FIGURES DESSINÉES D'APRÈS NATURE, tjlx> L. A. G. BOSC, Membre des Sociétés d'Histoire Naturelle do Paris , Bordeaux et Bruxelles ; de la Société Philoinatique de Paris ; de la Société Limiéenne de Londres, et de l'Académie de Turin. TOME SECOND. DE L'IMPRIMERIE DE GUILLEMINET. A PARIS, Chez Deter ville , rue du Battoir, n° i6\ iS m.iï^jPcgr^ Pi^ a . L'AÏbimee deixtee . 2 . La Raivme déniée HISTOIRE NATURELLE DES CRUSTACÉS. ALBUNÉE, Albunej , Fabricius. Quatre antennes inégales , ciliées ; les inté- rieures très-longues , sétacées , simples. Corps oblong ; queue presque nue. Dix pattes , dont les deux antérieures sont terminées en pinces. I.jES albunées forment le passage entre les crustacés à courte queue , et les crus- tacés à longue queue. Ce sont des ani- maux d'une forme remarquable, sur les mœurs desquels on n'a que peu de renseignemens. Chez eux , les pinces ne sont point terminées par deux doigts alongés , mais par un. élargissement tronqué , sur lequel s'appuie , dans l'ac- tion prenante , un grand ongle mobile , et très-crochu. Ces pinces sont courtes Crustacés. II. ï 2 HISTOIRE NATURELLE. et peu épaisses. Des quatre autres pai^ res de pattes , trois sont terminées par des ongles en crochets , et Ja dernière est sans ongles. La queue varie dans sa forme , selon les espèces , mais elle est toujours composée de sept articu- lations inégales, accompagnées sur les côtés de l'anus , des parties saillantes difficiles à décrire. Cette queue ne s'applique pas sous le ventre , elle se tient seulement un peu courbée vers lui , et sa partie inférieure est parse- mée de branchies filiformes. Les antennes intérieures sont velues, presque aussi longues que le corps. Elles ressemblent à celles des crus- tacés à longue queue. Les yeux sont petits, portés sur un pédicule applati, enfermés dans une fossette de la base des antennes-. Les albunées se rapprochent beau- coup des hippes avec lesquelles Fa- bricius les avoit d'abord confondues ; elles en diffèrent, parce que leurs an- DES ALBUNÉES. A lennes intérieures ne sont pas bifides , et que les pattes sont entièrement dé- pourvues de pinces. Parmi les albun.ées de Fabricius, il en est une , la dentée , que ce Naturaliste ne rapportait qu'avec doute à ce genre. Latreille , en l'examinant , a en effet trouvé qu'elle étoit pourvue de carac- tères sufhsans pour exiger la formation d'un genre particulier. lien a donc éta- bli un nouveau sous le nom de coryste, et lui a donné , pour différence spéci- fique, corcelet ovale , en pointe en de- vant- antennes extérieures rapprochées au-dessous des jeux , et de la longueur du corps • les intermédiaires reçues en en partie dans une fossette • aucune des pattes en nageoires 5 pinces termi- nées par une main à deux doigts ; pattes postérieures rejetées en arrière ; pinces extérieures fermant la bouche , à tiges alongées ; le second article de l'interne fort long, et en pointe au sommet. 4 HISTOIRE NATURELLE Albunée symniste , \Albunea symnista. Le corcelet antérieurement tronqué , cilié , denté ; les pattes en pinces. Se trouve dans la mer des Indes. Albunée écusson, ^Llbunea scutellata. Le corcelet presque entier, cilié ; les pattes en pinces. On ignore son pays natal. Albunée dorsipe , udibunea dorsipes. Le corcelet uni , antérieurement tronqué , à sept dents; les pattes comprimées; le dernier article en faux. Pet/'v. Amb. tab. 6. fig. 2. Se trouve dans la mer des Indes. Albunée hérissée , ^4-lbunea scabra. Le corcelet ovale , antérieurement tronqué , à plu- sieurs dents ; les pinces comprimées dentées des deux eôtés. Se trouve dans la mer du Sud. Albunée dentée , ^dlbunea dentata, Le corcelet uni , avec cinq dents de chaque côté ; les tarses épineux. Pennant. Brist. Zool. 4. tab. 7. fig. l3. Uerbst. Cane. tab. 12. fig. 71. Voyez pi. 9. fig. 1 , où elle est représentée de moitié de sa grandeur naturelle. Se trouve dans les mers d'Europe et de l'Inde. DES POSYDON. b POSYDON , POSYDON , Fabricius. Quatre antennes à pédoncule simple ; celle du milieu plus courte et bifide. Anten- nules extérieures foliacées. Pédicule des yeux en forme d'écaillé. Les mains des quatre pattes antérieures sans pinoes mo- biles. Fabricius, qui a établi ce genre, lui a donné un caractère très - vague , et s'est extrêmement peu étendu sur la description des deux espèces qu'il con- tient. Il est d'autant plus difficile de s'en former une idée, que ce Natura- liste ne cite pas de ligure qui puisse suppléer à ce qu'on désire de savoir de plus qu'il n'en a dit. Latreille pense que le crustacé figuré dans le Muséum de Rumphius , tab. i o , fig. 3, et qui a été donné pour syno- nyme à l'albunée dorsipe , est de ce genre. Cette opinion paroît probable , d'après des considérations qu'il est inu- Crustacés. II. a 6 HISTOIRE NATURELLE îile de développer ici ; mais en ne peut cependant la donner que comme fon- dée sur des conjectures. Posyclon applati , Posydon depressus. La queue à sept écailles ; l'intermédiaire transverse et tronquée. Se trouve dans la mer des Indes. Posydon cylindrique , Posydon cyïindrus, La queue à cinq écailles ; l'intermédiaire triangu- laire. Se trouve dans la mer des Indes. DESHIPPES. 7 H I P P E , Hippa, Fabricius. Quatre antennes inégales , ciliées ; les inté- rieures plus courtes et bifides. Corps oblong ; queue munie d'appendices en na- geoires à son origine. Dix pattes toutes dépourvues de pinces. Si les hippes sont voisines des al- lumées par les caractères génériques , comme il a été dit à l'article de ces dernières , elles sont encore plus par leurs rapports généraux. C'est princi- palement par ]e défaut de pinces aux pattes extérieures, et par leurs antennes bifides qu'ils en diffèrent. Ce genre étoit plus nombreux dans les anciennes éditions du Système Entomologique de Fabricius ; mais ce célèbre Na- turaliste , ayant formé à ses dépens , dans son dernier supplément, les gen- res symethris et albunée , genres qui ont été adoptés par Lamarck , il s'est trouvé réduit à trois espèces. Latreille , 8 HISTOIRE NATURELLE a depuis , encore pris sa première es- pèce pour faire son genre émérite , qui diffère en effet des autres par des an- tennes piumeuses et des bras termi- nés par une pièce ovale sans doigts, ni ongles. Les antennes extérieures des nippes sont grosses , de la longueur de la moitié du corps, composées de cinq articles, dont le dernier est subdivisé en un grand nombre d'autres qui diminuent graduellement. Elles sont carénées et très-velues à l'extérieur. Leur base est cachée par une longue et large pièce, terminée par deux épines, dont l'infé- rieure est la plus longue. Les antennes intérieures sont placées en dessus des jeux , du quart plus courtes que les autres , filiformes , et bifides. Les yeux sont portés sur de longs pédicules mo- biles. Les deux pièces extérieures qui recouvrent la bouche ou les mâchoires , sont démesurément longues et larges , relativement à la grosseur de l'animal ; DESHIPPES. g elles cachent deux autres paires de mâchoires , trois paires d'antennuies , des mandibules et une lèvre. Le corcelet est presque cylindrique ou ovale alongé , sinué en avant , et terminé par trois pointes , dont les deux latérales sont plus saillantes. Il forme postérieurement en dessous une grande cavité. Sa surface extérieure est sil- lonnée en travers par des stries irrégu- lières , dentées, de même nature que celles qu'on remarque sur la galathée, mais non velues. Elle a , de plus, deux véritables fentes sinueuses à la partie antérieure du dos, dont la partie pos- térieure est en recouvrement sur l'an- térieure. Ces fentes ne peuvent point être regardées comme une articulation , servir à la courbure du corps , puis- qu'elles ne s'étendent point jusque sur les côtés. On n'en devine pas l'usage. Les réflexions qui ont été émises à l'occa- sion de la conformation de la galathée , peuvent être également appliquées ici. ÎO HISTOIRE NATURELLE La queue est composée de cinq ar- ticulations ; la première , aussi large que le corcelet, et fort courte; la se- conde et la troisième de même lar- geur, mais se prolongeant en saillie en leur milieu. La quatrième , presque carrée ; et enfin la cinquième demi- cylindrique , deux fois plus longue que toutes les autres ensemble, et du tiers de leur largeur , ayant à ses angles an- térieurs , de chaque côté , une nageoire, de deux articles ciliés en ses bords in- térieurs. Toutes ces articulations sont longuement velues en leurs bords ex- térieurs. Les pattes sont au nombre de huit. Les deux antérieures ont les cuisses applaties, presque rondes, et très-lar- ges ; les jambes alongées et composées de deux articles , dont le second est terminé en pointe à son angle intérieur. La main est une pièce ovale , pointue , très-mince , ciliée en ses bords ; c'est une véritable rame. Ces pattes sont DESHIPPËS. II très-courtes, et sont cachées sous l'ani- mal., lorsqu'il est en repos. Les deux paires de pattes suivantes sont encore plus courtes , et composées de trois articles , dont le dernier est un ongle très-large et mince ; enfin , les deux dernières sont semblables aux précé- dentes à leur base , mais terminées par une nageoire de deux pièces , un peu plus petites que celle de la première paire. Toutes ces pattes sont fortement ciliées , et composées d'écaillés en re- couvrement. On voit par cette description, que lliippe est un crustacé éminemment na- geur, à qui la nature a donné d'énor- mes mâchoires pour lui tenir lieu des pinces dont il est privé, et qu'elle a peut-être pourvu, comme la galathée, de la faculté de croître sans changer de peau , par la dislocation annuelle des nombreuses pièces dont la surface de toules ses parties est composée. Il est à désirer que quelques phy- Î2 HISTOIRE NATURELLE siologiste instruit soit mis à portée d'étudier les espèces de ce genre dans leur pays natal , afin de nous faire connoître leurs mœurs. Hippe sans mains , Hippa adactyla. La queue droite ; la dernière articulation alongée , pointue; le corcelet aloDgé. Herb.it. tab. 22. fig. 3. Voyez pi. 10. fig. I, où elle est représentée très» peu réduite. Se trouve dans la mer du Sud. Hippe émérite , Hippa emerita, La queue droite ; la dernière articulation ovale. Gronov. Zooph. tab. 17. fig. 8 , 9. Petiv. Ptéri. tab. 20. fig. 9. Se trouve dans la mer des Indes. Hippe testudinaire, Hippa testudinaria. lu La queue droite ; la dernière articulation alongée , pointue ; corcelet ovale. Eerbst. Cane. tab. 22. fig. 4. Se trouve dans la mer des Indes. Vol .H. Pcuj ■ 20 . M . jo . 2 £^ÊS=, r'~~ B§^ \- sX _ ff 'Êké*.±. \ IKV &w^§l0i$$m $SÊ* Km l&Wifm J^" Isééê^ iî PM^MF 7 ' f j& ^BiP Bé 1 ^(89 |mï£j; \ 1m JlÊÊÊÊIlÊÊÊB rÊÊÈ Dee deZ. ^^^^^^^ l,eJellier Jculp . L'HÎ i . Vi nippe sans mains a . Le ScVUar oriental I DES KAKIHes, j^ RANINE, R MI]Ui Lamarch Quatre antennes eourtes ; les deux inté- ™ure ? à dernier article bifide. Corps «"long, cunéiforme, tronqué antérieure- ment; queue petite, ciliée sur les bords W* pattes ; les deux antérieures terminées « pince» ; le» quatre postérieures termi- nées en nageoires. Le seul crustacé qui compose ce genre est connu depuis long-temps par 'a figure qu enadonnéeRumphius dans son Muséum, />/. 7,^. T , V, et par ? descr 'P; ion q°!e» a Publiée Linnœus. Sou corceletestovale-oblong, convexe en dessus , et garni d'épines obtuses, penchées en avant. Sa partie antérieure M n' eton ^ rem ^q»e sept Panes sadlantes , celle du milieu est solitaire et les latérales sont divisées en trois. Les yeux sont peu écartés , et Portes sur des pédicules assez longs. A« antennes sont épaisses et bifides. 14 HISTOIRE NATURELLE Les pinces sont comprimées , rudes au toucher , dentées intérieurement et ex- térieurement. Les doigts placés perpen- diculairement à la main, et dentées en dedans. Les deux premières paires de pattes sont sans poils , et onguiculées , et les deux dernières très -velues sur leurs côtés , très-applaties et plus larges à leur extrémité. La queue est courte , droite, composée de six articles velus sur les côtés. Ce crustacé est fort remarquable par sa forme générale , par celle de ses pin- ces, si différentes de celles des autres genres et par les articulations de ses pat- tes. Il doit avoir un genre de vie tout par- ticulier ; mais on ne possède aucun ren- seignement sur son compte. Dickson , qui l'a figuré dans son vovage ,pl.i5 et 16 de l'édition française, se contente de dire qu'il est brun , qu'il a quatre na- geoires garnies de membranes , qui ne sont pas placées sur la même ligne que les pieds, mais plus haut sur la racine DESRANINES. i5 de la queue , et qu'il l'a trouvé aux îles Sandwich. On peut cependant assu- rer , d'après son organisation , que c'est un nageur, et un bon nageur. Il a été oublié par Fabricius dans son supplé- ment , quoiqu'on le trouve dans les éditions antérieures de son Entomolo- gie , sous le nom de Linnaeus , c'est-à- dire de cancer raninus. Herbst. Cane. tab. zz.Jig. i, a copié la figure de Dick- son. Lamarck l'a appelé ranine den- telée. Ranina serrata. La figure 9. planche 2. , le représente réduit des deux tiers. iG HISTOIRE NATURELLE SCYLLARE, Scyllarvs, Fabricius. Deux antennes filiformes , articulées , bi- fides au sommet. Deux feuillets en crêtes , dentés , ciliés , articulés inférieurement , tenant lieu d'antennes extérieures. Cor- celet grand, large; queue garnie d'écaillés natatoires. Dix pattes , dont les anté- rieures n'ont pas de pinces. Les scyllares forment un genre fort naturel qui se distingue de tous les au- tres crustacés par l'applatissement sin- gulier de ses antennes extérieures, mais cependant il se rapproche un peu des squilles avec lesquelles il a été con- fondu par les anciens Naturalistes , à l'iniitation de Rondelet, qui l'appelle squille large. Les scyllares aquièrent quelquefois un assez gros volume, et sont par-tout estimés comme un bon manger , mais leurs mœurs ne nous sont pas , pour cela , plus connues. On en trouve très- DES SCYLLARES. 17 peu sur les côtes françaises de la Mé- diterranée, mais au rapport d'Olivier, ils sont extrêmement communs sur celles d'Egypte , et de Barbarie. Scali- ger a cru que l'espèce la plus commune de ce genre étoit le crangon d' Aristote ; mais Rondelet ne paroît pas avoir eu cette opinion. Le corcelet des scyllares est presque cylindrique , souvent inégal , rugueux et velu, il est tronqué en avant, mais a toujours une saillie en son milieu. Les yeux sont presque latéraux, portés sur un pédicule très-court. Leurs an- tennes intérieures n'atteignent pas la moitié de la longueur du corcelet; elles sont composées de quatre articulations dont les trois premières sont robustes, longues et presque égales , et la der- nière mince , très - courte , et divisée en deux parties articulées, et légère- ment velues d'un côté. Leurs antennes extérieures, qu'on a citées comme si sin- gulières et avec raison , sont un peu plus Crustacés. II. 3 l8 HISTOIRE NATURELLE courtes que les précédentes, et égale- ment composées de quatre articulations. La première peu large, inégale, irré- gulière , tuberculeuse , mais cependant approchant de la forme triangulaire. La seconde très-applatie, plus longue et plus large à son bord extérieur , épi- neuse dans son pourtour , très - courte et très-étroite à son bord intérieur , présentant un peu la forme trapézoïde. La troisième très-petite et très-courte, cachée, en partie par la seconde. La quatrième presque aussi large et plus applatie que la seconde , dilatée du côté extérieur , arrondie dans son pour- tour, et moins épineuse que les au- tres. Pattes courtes, robustes, onguicu- lées , excepté la dernière paire qui est pourvue d'une pièce à peine sensible. Les antérieures plus courtes et plus grosses. Queue longue et se recourbant sur elle-même , composée de six arti- DES SCYLLARE S. 19 culations ordinairement très-saillantes sur les côtés. Les scyl lares, comme on l'a déjà dit, n'ont point encore trouvé un historien de leurs mœurs ; ainsi il n'y a rien à en dire sous ce rapport. On les mange sur les bords de la Méditerranée , sous le nom de squiiles ou de cigales de mer, et leur chair y passe pour être plus dé- licate que celle de la plupart des autres crustacés. Scyllare arctique , Scyllarus ardus. Le corcelet antérieurement avec cinq rangs d'épines; les écailles des antennes ciliées par des épines. Sidz. Hist. Ins. tab. 32. fig. 3. Barrel. Icon. tab. 1288. fig. e. Jonst. Exsang. tab. 4. fig. 4,8, 12. Herbst. Cane. tab. 3o. fig. 1. Se trouve dans les mers d'Europe. Scyllare équinoxiale, Scyll. œquinoxialis. Tuberculeux ; le corcelet et les écailles des antennes crénelées. Bro%vn. Jarn. tab. 41. fig. I. Se trouve dans îles d'Amérique. Scyllare antartique , Scyllarus antarticus. Velu ; le corcelet et les écailles des antennes dea- relés et velus. £0 HISTOIRE NATURELLE. . Sêba , Mus. 3. tab. 20. fig. 1. Rumpk. Mus. tab. 2. fig. 6. Jonst. Exsacg. tab. 9. fig. 14. Herbst. tab. 3o. fig. 2. Se trouve dans les Indes orientales. Scyllare orientale , Scyllarus orientalis. Tuberculeux ; le corcelet portant les yeux et denté dans sa partie antérieure. Rumph. Mus. tab. 2. fig. D. Voyez pi. 10. fig. 2 , où il est représenté réduit as quart de sa grandeur naturelle. Se trouve dans les Indes orientales et sur les côtes africaines de la Méditerranée. Scyllare australe , Scyllarus australis. Les écailles des antennes arrondies , unies. Se trouve dans la nier du Sud. Scyllare petit ours , Scyllarus ursus minor. Le corcelet épineux et écailleux ; la queue avec des dessins bruns. Sulzer, Gescb. Der. Ins. tab. 3a. fig. 3. Herbst. Cane. tab. 3o. fig. 3. Se trouve dans la Méditerranée. j)ES ÈCREV.ISSES. 21 ÉCREVISSE , Astacvs , Fabricius. Quatre antennes inégales ; les intérieures plus courtes, multiarticulées , divisées en deux presque jusqu'à la base. Corps oblong , sulxvylindrique , terminé anté- rieurement par une pointe courte , sail- lante entre les yeux. Queue grande, gar- nie d'écaillés natatoires. Dix pattes, dont les antérieures sont terminées en pinces. Les écrevisses sont les plus connus des crustacés , à raison de l'espèce flu- viatile commune dans toute l'Europe, et que l'on mange habituellement pres- que par -tout; aussi, depuis Aristote jusqu'à nous, trouve-t-ou peu d'ouvrages sur l'Histoire Naturelle des poissons et des insectes , où il n'en soit parlé , et elles ont donné lieu à des observations aussi intéressantes pour le Physicien que pour le Naturaliste. On a déjà vu, dans les préliminaires, les expériences qui ont été faites sur H2 HISTOIRE NATURELLE elles pour apprendre à çpmioître les moyens que la nature emploie dans là reproduction des pattes , dans le renou- vellement du test des crustacés, et on a cité leur anatomie comme type de celle de tous les animaux de (a classe , etc. ; on n'a donc plus à s'occuper ici que de ce qui leur est particulier Le tronc ou le corcelet des écrevisses est à-peu-près cylindrique , plus long que large, et divisé en tête, en cor- celet et en queue. La tête est confondue avec le corcelet , mais on observe , ce- pendant, une séparation marquée par une profonde suture, ou rainure trans- versale, tracée en demi -cercle , dont la concavité est en devant. Cette écaille s'étend sur les côtés et en dessous , jusque vers l'emplacement des pat- tes , de sorte qu'elle fait presque le tour de tout le corps. Le devant de la tête est prolongé en bec, ou en longue pointe applatie et horizontale, qui, de chaque côté, près de son origine , est DES ÉCREVÏSSES. 2% garnie ordinairement d'une petite épine, et tout le long du dessus d'un rang d'é- pines semblables , dirigées en avant , et formant comme une espèce de crête. Immédiatement au-dessous de la grande pointe, on voit, de chaque côté, comme des filets déliés et sétacés, ce sont les an- tennules composées d'un grand nom- bre d'articles entièrement semblables à ceux des antennes. Chaque paire de ces antennules , qui sont mobiles , est atta- chée à une tige commune , beaucoup plus grosse , divisée en trois articles à- peu-près cylindriques, et garnis de longs poils qui y forment de grosses touffes. Les deux antennes supérieures , qui sont à filets coniques, et se termi- nent en pointe fort déliée , égalent or- dinairement le corps et la queue en longueur , et sont divisées en un très- grand nombre d'articles, qui les ren- dent très-flexibles. Chaque antenne est posée sur une base mobile , composée de trois parties grosses et cylindriques, 24 HISTOIRE NATURELLE garnies de longs poils , et de quelques petites éminences. Au-dessus , et un peu à côté de cette base , il y a une grande pièce écailleuse , triangulaire et mobile, qui est applatie et terminée en pointe , garnie au bord intérieur d'une frange de longs poils. A la base de cette pièce mobile , on trouve encore une partie écailleuse , convexe; et plus bas , une autre plaque avec de courtes épines, et des éminences. Les jeux de iécrevisse sont placés aux côtés de la longue pointe avancée de la tête , dans un enfoncement très -profond qui se trouve immédiatement au-dessus de la pièce triangulaire mobile , dont il vient d'être fait mention. Ils sont mobiles , et constitués de manière que l'écrevisse peut les retirer au fond de la cavité , et les faire sortir à son gré. Elle les retire toujours quand on les touche. L'œil est en forme d'un demi- globe noir, couvert d'une peau ou d'une pelli- cule membraneuse et flexible, dont la DES ÉCREVISSES. 25 surface est luisante , et paroît travaillée enrézeau, exactement comme clans les yeux des insectes ; de sorte que , sui- vant les apparences , chaque maille ou chaque face , est un petit œil distinct. Ce demi -globe est placé, et comme enchâssé dans une espèce de fourreau ou de capsule cylindrique , d'une subs- tance très-dure , ayant , au milieu de son étendue , un enfoncement ou un rétrécissement , et à sa base un bour- relet relevé. A cette base, qui est con- cave en dessous , est attaché un muscle, qui tient de l'autre bout dans l'enfon- cement de la tête. C'est au moyen de ce muscle, qui paroît fort et nerveux , et qu'il n'est pas facile d'arracher de la tête sans le briser ou le défigurer , que l'animal en pouvant l'aionger et le ra- courcir, est en état de mouvoir l'œil , et de le tourner de tous côtés. L'œil et la capsule ont, en dedans, une cavité commune, remplie d'une matière noire et un peu visqueuse. Après avoir ôté 26 HISTOIRE NATURELLE cette matière , on voit que les parois de Ja capsule sont minces ; mais dures et écailleuses , et que l'œil n'est formé , au contraire , que d'une membrane irès-mince et transparente , qui, vue au microscope, est merveilleusement com- posée, et représente une gaze extrême- ment fine. La délicatesse de cette mem- brane de l'œil exigeoit que 1 ecrevisse pût la retirer dans la tête , afin de la mettre à l'abri de tous les accidens. Les écrevisses paroissent avoir la vue très- bonne; dès qu'on leur présente la main, sans même toucher à l'eau, elles élèvent la tête , ouvrent les pinces, et se mettent en défense. L'espace qui se trouve au-dessous de la tête , entre la racine des antennes et les pattes , est garai de plusieurs parties qu'il s'agit actuellement de con- sidérer. On voit, d'abord , deux grosses dents placées vis-àvis de l'ouverture de l'estomac , c'est-à-dire de la bouche. Ces dents émaillées et dures comme DES ÉCREVISSES. 27 une pierre, se meuvent latéralement, et sont composées à-peu-près, comme les dents mollaires des quadrupèdes, d'une couronne et d'une racine. La couronne, convexe à l'extérieur et con- cave à l'intérieur , est garnie tout au- tour de ses bords, d'un double rang de dentelures semblables à celles d'une scie , et la racine qui est également os- seuse et émaillée , a une grande ca- vité dans son intérieur, d'où part un long tendon blanc , terminé par un muscle en forme de brosse ; ce tendon avec son muscle sert à donner le mou- vement à la dent. Ces dents tiennent si fort à la tête , qu'il faut user de force pour les arracner , et leur usage n'est pas équivoque 5 elles servent à mâcher, à broyer les alimens. Chaque dent est accompagnée , au côté extérieur, d'une partie un peu applatie , divisée en trois articles mobiles , dont celui de l'extrémité est bordé de longs poils , cette partie est fortement attachée et 20 HISTOIRE NATURELLE articulée à la base de la couronne. Les autres parties qui se trouvent autour des dents , et qui tiennent à la tête , à qui Fabricius a donné le nom d'ins- trumens du manger , instrumenta ci- baria , sont une lèvre supérieure, des mâchoires , une lèvre inférieure et qua- tre paires d'antennules , sans compter les bras. La lèvre supérieure est osseuse , pe- tite, triangulaire, placée sous le cha- peron, un peu au-dessous des dents, appelées mandibules dans le langage scientifique. Les mâchoires qui se trouvent au - dessous des mandibules sont petites , applaties , minces , os- seuses , composées chacune de trois pièces inégales : l'extérieure est petite , et ciliée à son bord interne; la pièce intermédiaire est beaucoup plus grande et ciliée à son bord supérieur. La troi- sième est figurée en croissant , et ciliée à son bord supérieur. La lèvre inférieure est formée de DESECREVISSES. 29 plusieurs pièces osseuses, larges , pla- tes, inégales et ciliées. Les premières antennules sont sim- ples , petites, cylindriques , minces y composées de trois articles, et insérées à la partie latérale supérieure des mandibules. Les secondes sont sim- ples , longues, minces, sétacées; elles sont insérées à la partie latérale ex- terne de la lèvre inférieure. Les troi- sièmes sont bifides ; la division interne est courte, grosse, composée de qua- tre ou cinq articles 5 l'externe est lon- gue , mince, sétacée , composée de deux articles. Les quatrièmes, que quel- ques Naturalistes désignent sous le nom de bras, sont bifides ; leur division interne , la plus grande , est composée de plusieurs articles dont le second est fortement denté dans la plupart des es- pèces ; la division externe est sétacée et composée de deux articles. Toutes ces différentes parties con- courent à l'action du manger , mais il Crustacés. II. 4 5o HISTOIRE NATURELLE est difficile de déterminer, à quoi , dans cette opération , sert telle ou telle pièce. Il paroît cependant que les antennules servent pour tâter les alimens, les bras pour les porter à la bouche , et les mâ- choires pour les y assujettir. Voyez pi. i , où ces parties sont figurées isolément. La queue de l'écrevisse fait la moitié de l'étendue de l'animal entier. Cette queue, que Gronovius appelle le tronc du corps, est plus convexe en dessus qu'en dessous, et est composée de six pièces articulées , ensemble , par le moyen de membranes flexibles. Les pièces ou plaques peuvent glisser les unes sur les autres, et sont terminées, vers les côtés , en pointe ou en lame triangulaire et applatie ; mais en des- sous , chaque anneau n'a , au milieu , qu'une arête transversale , écailleuse , ou cartilagineuse et voûtée , le reste de leur étendue étant couvert d'une peau membraneuse et flexible. Les bords sont DES ÉCREVISSES. 5l garnis d'une frange de longs poils, qui ont des barbes très-fines des deux côtés; et, qui, vus au microscope , ressemblent aux barbes des plumes d'oiseaux. Ces anneaux ont , en dessous , des parties remarquables , attachées près de leur bord extérieur , à l'arête écailleuse qui traverse chaque anneau : on les nomme les filets de la queue. Baster et Grono- vius , les ont regardés comme des pattes en nageoires ; mais on ne leur trouve aucune conformité avec les pattes. Ces filets varient en nombre et en figures dans les deux sexes. Ils sont mobiles à leur base, ou mieux articulés aux arêtes de la queue, par une petite pièce sur laquelle ils se meuvent. L'écrevisse les fait flotter dans l'eau , en avant et en arrière ,-comme de petites nageoires. La femelle en a quatre paires , placées sur le second , le troisième, le qua- trième et le cinquième anneau , et \e& deux filets de chaque paire sont dirigés l'un vers l'autre , et en avant, de sorte 2)2 HISTOIRE NATURELLE que leur extrémité se trouve tout le long de la ligne du milieu de la queue. Ils se ressemblent tous , et sont com- posés, chacun, d'une tige applatie , car- tilagineuse , qui jette deux branches de la même substance , dont la postérieure est divisée en deux portions par une articulation mobile ; les deux bran- ches sont également mobiles sur la tige à laquelle elles sont unies , de sorte que ces filets sont très-flexibles. Les branches sont garnies de longs poils , qui ont des barbes le long des côtés , comme ceux qui bordent la queue. C'est à ces filets que l'écre visse attache ses œufs, à mesure qu'ils sont pondus, et elle continue à les porter ainsi sous la queue , jusqu'à la naissance des petits. Sur le troisième , le quatrième et le cinquième anneau de la queue, le mâle a des filets entièrement semblables à ceux de la femelle. On voit aussi deux filets sur le second anneau , mais qui diffèrent des autres, en ce que la bran- DES ÉCRÈVISSES. . 35 che postérieure ou intérieure, qui est plus large que l'autre , est garnie . en dessous d'une pièce alongée , cartila- gineuse, lisse, luisante et blanchâtre, dont le bout est un peu courbé , ou comme voûté longitudinalement. Les branches de ces filets , garnis aussi au bout de poils barbus , sont placés de manière qu'elles forment un angle très- ouvert avec la tige d'où elles partent. Le mâle des écrevisses a encore , en dessous du premier anneau de la queue, deux autres parties attachées à l'arête écailleuse de cet anneau , qu'on ne voit pas sur la femelle , et qui se distinguent très-bien au premier coup- d'œil. Ces deux parties sont mobiles à leur base , où elles ont une jointure ; elles sont placées selon la longueur du corps , et sont appliquées , dans l'inac- tion , Gur la plaque triangulaire qui se voit entre les pattes de la troisième et quatrième paire. Elles sont en forme de tiges, un peu applaties, droites, d'un 54 HISTOIRE NATURELLE blanc un peu bleuâtre , et de substance cartilagineuse , comme la pièce qui se trouve en dessous de l'une des branches des filets du second anneau. Leur moi- tié antérieure est courbée , et roulée sur elle-même longitudinalement , à- peu-près comme une oublie, de sorte qu'elle forme une espèce de tuyau. Enfin , les deux filets de l'anneau sui- vant reposent sur une partie de ces tiges, dont l'usage est encore entière- ment inconnu , quoique quelques au- teurs les aient prises pour deux parties sexuelles dont le mâle seroit pourvu ; mais comme on n'a pas encore vu com- ment se fait l'accouplement des écre- visses , on ne sauroit rien décider sur leur usage ; il y a même plus d'appa- rence que ces parties ne sont pas des- tinées à la génération , puisque les vais- seaux spermatiques n'ont avec elles au- cune communication, comme on l'a vu dans le développement anatomique des préliminaires de la classe. DES ÉCREVISSES. 35 La queue est terminée par cinq piè- ces plattes , minces et ovales , en forme de feuille , un peu convexes en dessus, et concaves en dessous , de substance écailleuse , et articulées au dernier an- neau par des jointures mobiles. Ce sont de véritables nageoires dont l'écrevisse se sert pour pousser et battre l'eau , en courbant et en remuant en même-temps la queue, avec laquelle elle donne des coups réitérés dans l'eau; et c'est ainsi qu'elle nage , non pas en avant , mais toujours en arrière ou à reculons , parce que les coups de la queue sont dirigés vers la tête. Elle écarte et rapproche les nageoires l'une de l'autre à son gré , et dans le premier cas elle les ouvre comme un petit éventail , les nageoires glissant alors les unes sur les autres ; elle les tient ordinairement ouvertes. La nageoire du milieu , qui est la plus large , est aussi la plus élevée -, les deux latérales intermédiaires glissent sous elle, et les deux extérieures sont cou- àb HISTOIRE NATURELLE vertes par les intermédiaires , quand l'écrevisse les tient fermées ou rappro- chées ensemble. Ces cinq nageoires ne sont pas toutes de Ja même figure ; celle qui occupe le milieu est comme brisée à une certaine distance de son extré- mité , ou bien elle est divisée transver- salement , par une articulation ou une jointure , en deux parties , qui se meu- vent comme sur une charnière , formée par cette jointure. La première de ces pièces , qui est la plus grande , est gar- nie , à chaque angle extérieur , tout près de l'articulation , de deux épines très- dures et très - pointues. Les deux na- geoires extérieures latérales sont pa- reillement divisées en deux portions inégales , par une jointure en forme de charnière, au moyen de laquelle la se- conde portion , qui est la plus petite , peut se plier en dessous ; la première portion est garnie seulement , à l'angle extérieur , d'une épine pointue, sem- blable à celle de la nageoire du milieu - } DESÉCREVISSES. 5? mais cette portion a , en outre , le long de son bord postérieur , une suite d'é- pines plus petites. Enfin , les deux na- geoires latérales, intermédiaires, sont toutes d'une pièce, ou , sans être divi- sées par une articulation , comme les trois autres, elles ont seulement, en dessus, une arête longitudinale qui les divise en deux plans , un peu inclinés l'un à l'autre. Toutes ces nageoires sont bordées , par derrière , dune belle frange de poils barbus , ou semblables aux barbes des plumes, tels qu'on les a vus sur le bord des anneaux , et sur les filets de la queue. Sur la nageoire du milieu , on voit , en dessous , environ dans son milieu , un ouverture ovale, qui a un petit rebord tout autour, et qui est l'anus de l'animal ; le long in- testin qui traverse la chair intérieure de la queue aboutit à cet anus. L'écre- visse porte sa queue indifféremment , tantôt étendue , et tantôt recourbée ou pliée en dessous - 3 elle peut l'amener au 58 HISTOIRE NATURELLE point de faire toucher les nageoires à la base des pattes de la seconde paire, et c'est au moyen d'une telle courbure qu'elle rapproche les filets du dessous de la queue, tout près des deux ouver- tures des pattes de la troisième paire , qui donnent sortie aux œufs qu'elle est alors en état de fixer sur ces mêmes filets. Les écre visses respirent l'eau et l'air par des ouïes assez semblables à celles des poissons , ainsi qu'on l'a vu dans les généralités de la classe. L'ouverture, qui leur sert à cet usage, est placée en des- sous de la tête , entre les dents et le test du corcelet ; elle est grande et pro- fonde. On voit facile ment l'action ins- piratoire et expiratoire de ces ani- maux, soit qu'on les ôte de l'eau , soit qu'on les y remette. Dans ces deux cas, il se produit un petit bruit occa- sionné par l'entrée de l'eau ou la sortie des bulles d'air qui viennent crever à leur ouverture. DES ÉCREVISSES. Zg Les pattes des écrevisses ont leur attache le long du dessous du corps à une peau dure et écai lieuse, et sont au nombre de dix , placées par paires. Les deux grandes pattes antérieures , ou les serres , terminées par une grosse pince ? sont fort longues , et divisées en cinq parties articulées ensemble, et mobiles les unes sur les autres. La première , qui est attachée au corps, est grosse et cour te. La seconde , plus longue , est appla- tie des deux côtés , et garnie de pe- tites pointes au bord antérieur 5 environ au milieu de la longueur , elle semble divisée en deux portions par un suture transversale ; mais cette division n'est qu'apparente , les deux portions ne fai- sant qu'un même corps , sans articula- tion. La troisième partie , encore plus longue , est également applatie dans sa plus grande étendue , mais grosse et an- gulaire au bout, ayant ordinairement, le long du bord antérieur , deux rangs 40 HISTOIRE NATURELLE de pointes en épines. La quatrième partie est courte , grosse et angulaire , munie de plusieurs pointes de longueurs inégales; enfin la cinquième partie est la pince. Toutes ces parties sont jointes ensemble par de fortes membranes mus- culeuses, qui leur donnent le mouve- ment nécessaire , et chaque partie se meut comme sur un pivot ou une char- nière , mais chacune dans une direction différente , les unes ayant un mouve- ment horizontal , et les autres un mou- vement vertical ou oblique au plan de position ; c'est pour cela que toute la patte peut se plier en deux, de manière que le second ou le troisième article se trouve alors dans une position presque paralèlle à la serre, et elle a besoin de pouvoir se plier ainsi quand l'écrevisse veut rapprocher ses deux pinces l'une de l'autre. Les membranes par lesquelles le quatrième article est uni au troisième et à la pince , sonttFès-am- DES ÉCREVISSES. 4l pies, parce que, dans ces deux endroits , la patte doit pouvoir se plier le plus. La serre ou la pince est une grande pièce ovale , plus large que grosse , con- vexe en dessus et en dessous, et ordi- nairement couverte de petits tuber- cules , et de petites pointes dures qui la rendent comme chagrinée, sur-tout le long du bord intérieur. En devant , elle est garnie de deux tiges coniques, mais un peu applaties, qu'on a nommées des doigts, et qui sont également rabo- teuses. Ces doigts se terminent en un petit crochet courbé, et très- pointu ; l'extérieur est immobile , et ne fait qu'un même corps avec la grosse pince ', mais l'intérieur est mobile , et articulé à la même pince par une mem- brane musculeuse , au moyen de la- quelle il se meut comme sur une char- nière. Le dedans de cette pince est rempli d'une masse de chair , qui a au milieu un cartilage plat. C'est avec Crustacés. II. 5 42 HISTOIRE NATURELLE les pinces que l'écre visse prend sa proie , la serrant avec beaucoup de force ; elles lui servent encore de dé- fenses , car lorsqu'elle est irritée , et qu'on lui présente le doigt, elle s'en saisit , et fait d'aulant plus de mal , que tous les moyens qu'on emploie pour s'en débarrasser ne servent qu'à la déterminer à augmenter d'action ; il faut, dans ce cas , ou casser la pat- te , ou mettre l'animal dans la po- sition de croire qu'il n'a plus rien à craindre. Les huit autres pattes sont longues et effilées , divisées chacune en six articles un peu applatis , en y compre- nant celui par lequel la patte est immé- diatement insérée au corps, et ces ar- ticles sont unis ensemble par des mem- branes qui leur donnent le mouve- ment de la même manière que dans les grandes serres. Les premières et les secondes, de ces huit pattes , sont termi- DES ÉCREVISSES. 40 nées par une petite pince , formée de deux doigts assez semblables à ceux des grosses pinces antérieures , avec cette différence que c'est leur doigt ex- térieur qui est mobile , et non l'inté- rieur; ces doigts, dont l'animal se sert aussi pour pincer, sont ordinairement garnis de petites touffes de poils , en forme de pinceaux, placés dans de petits trous ; quand il marche , il avance or- dinairement les deux pattes de la se- conde paire au-dessous des deux pre- mières , ou de celles à grosses pinces. Enfin , les deux dernières paires de pattes sont terminées uniquement par un ongle très - pointu et mobile , en forme de griffe d'oiseau. Les pattes des écre visses , de l'un et l'autre sexe ont encore une parti- cularité des plus remarquables , c'est d'être le siège des parties de la généra- tion. On peut d'abord distinguer le sexe des écrevisses en les regardant en des- 44 HISTOIRE NATURELLE sous. On remarque que la queue de la femelle est ordinairement plus large au milieu que vers les deux extrémités; ses bords décrivent une ligne courbe, au lieu que celle du mâle est presque par-tout de longueur égale et à bords tout droits. Outre que le mâle est or- dinairement plus grand , il a le plus souvent, aussi, les deux pattes antérieu- res à grosses serres, plus grandes que celles de la femelle. Le dessous de la queue a déjà présenté, comme on l'a vu, des particularités propres à faire distinguer le sexe de l'écrevisse. A la base du premier article des pattes postérieures du mâle, ou de l'ar- ticle qui est attaché au corps , on voit une cavité arrondie , remplie d'une masse charnue ou membraneuse , en forme de mamelon , qui est percée d'une ouverture ; c'est celle, ou mieux, car il y en a une de chaque côté , ce sont celles par lesquelles l'écrevisse mâle jette sa semence. On a vu dans DES ÉC REVISSES. a/ . \ . Llicrevisse de ]\ax*ton 2, . 1 i Ecv evi as e c 01111mm e 3. Le Paçuire strie. m DES ÉCREVISSES. 63 côtés ; les pinces comprimées ; dentelées des deux côtés. Se trouve dans l'Océan. Ecrevisse bleue , ^éstacus cœrulescens. Le corceiet uni ; le rostre épais , en alêne , bi- dente ; le corps bleu. Se trouve dans la haute mer. Ecrevisse phosphorescente , ^dst. fulgens. Le rostre très-court , eu alêne , sans épines ; la corps blanc , presque transparent. Se trouve dans les mers d'Amérique. PAGURE , PAGVRVS , Fabricius. Quatre antennes inégales ; les intérieures courtes , bifides au sommet ; les exté- rieures longues et sétacées. Corps oblong ; queue molle ou non testacée , ayant des crochets à son extrémité. Dix pattes; les deux antérieures munies de pinces. La nature a refusé aux crustacés de ce genre les moyens de sécurité qu'elle a prodigués à la plupart des autres ; /mais elle les a pourvus, d'une in-, dus trie qui Jes en dédommage. En effet, si les ^pagures ont la partie 6>4 HISTOIRE NATURELLE postérieure du corcelet , et toute la queue , à sou extrémité près , dépour- vues de test , et par conséquent expo- sées à tout l'effet des armes de leurs en- nemis , ils savent garantir ces parties en les enfermant dans une coquille uni- valve. Ce fait a été connu des anciens , et l'est encore de tous les liabitans du bord de la mer. Il a toujours excité la surprise de ceux qui l'ont remarqué : aussi le pagure , quoique trop petit pour servir à la nourriture de l'homme , a-t-il eu des noms chez les Grecs et chez les Romains , et en a-t-il encore , sur nos côtes, où on l'appelle le ber- nard-l'hermite , ou le ,soldat , parce qu'il a été comparé, lorsqu'il est dans sa coquille , à un hermite dans sa cel- lule , ou à un soldat dans sa guérite. On a beaucoup écrit, depuis Ron- delet, sur les pagures • mais cependant on est fort peu instruit de qui les re- garde. Les auteurs se sont copiés , et -DES PAGURES. £5 depuis que l'on est dans la route de la vraie manière d'étudier l'Histoire Na- turelle , aucun observateur ne les a étudiés. Ce sont toujours des coquilles uni- valves , dont les pagures s'emparent pour se loger- mais toutes ne leur sont pas également propres. Il faut que sa grosseur soit proportionnée à la leur c'est-à-dire, que l'ouverture soit assez evasee pour qu'ils puissenty introduire leur corps sans gêne , mais pas assez, pour qu'ils ne puissent pas le fixer. Du reste, il ne paroît pas qu'ils préfèrent une espèce plutôt qu'une autre , et si, sur une côte on les voit presque tous logés dans la même , c'est que cette espèce est la plus commune, et remplit le mieux les données conve- nables. Comme les pagures portent ou mieux traînent leur coquille avec eux, il faut encore que son poids soit proportionné à leur force, et ils doi- vent en conséquence rejeter celles qui Crustacés. 1], l 66 HISTOIRE NATURELLE sont d'une contexture trop pesante, ou trop couvertes d'aspérités susceptibles de les arrêter. Il n'est point vrai , comme l'ont cru les anciens, que les pagures tuent les animaux des coquilles qu'ils veulent habiter. Ils changent toutes les années de coquilles , mais ce n'est jamais que des coquilles vides dont ils s'em- parent. Voici, ce que l'observation a appris à cet égard. Lorsqu'au commencement de l'été , après la ponte et la naissance des petits, les pagures sentent arriver le moment où ils vont changer de peau, car ils en changent comme tous les autres crustacés , ils s'occupent de chercher une coquille propre à les recevoir pour subir cette opération , et les contenir ensuite , c'est-à-dire, une plus grande que celle où ils se trouvent. A cette époque , on les voit aller vers toutes les coquilles vides qu'ils appercoivent , en mesurer la capacité , et lorsqu'ils DES PAGURES. 67 ont trouvé ce qui leur convient , sortir de leur coquille, entrer dans la nou- velle avec grande précipitation , et l'essayer. Il n'est pas essentiellement de la nature des pagures de vivre dans des coquilles , on en connoît plusieurs qui habitent les trous des rochers, d'autres qui s'en font dans le sable. Il en est un qui se loge dans le tube d'une serpule. Mais il faut venir à la description de l'animal. La tête des pagures est séparée du corcelet par un sillon trans verse , et est couverte d'une plaque écai lieuse , à -peu -près circulaire, et légèrement convexe. Au - devant , on voit les yeux , sphériques , portés sur de longs pédicules cylindriques et mobiles , à la base desquels est une petite écaille élevée. Les antennes extérieures sont sétacées, plus longues que le corps, avec une épine à leur base. Leurs trois pre- miers articles sont cylindriques , plus 68 HISTOIRE NATURELLE gros que les autres. Les antennes inté- rieures sont filiformes , courtes , com- posées de trois articles , qui font des angles les uns avec les autres , et dont Je dernier est terminé par deux parties coniques , composées d'un grand nom- bre d'articles très-courts; l'une de ces parties , plus élevée , et beaucoup plus grosse que l'autre , est toujours garnie de poils du côté intérieur. Le corcelet est couvert d'un test peu épais sur sa partie supérieure , et d'une simple membrane sur les côtés. La queue est à-peu-près aussi longue que la tête et le corcelet pris ensemble; elle est presque cylindrique, courbée en dessous , et contournée selon la coquille où elle est placée habituellement, cou- verte seulement d'une peau membra- neuse. Vers les côtés elle est garnie de trois paires de filets ou lames applaties, aloDgées , couvertes de longs poils mo- biles , articulées à leur base , et flottant librement dans l'eau comme de petites DES PAGURES. 6g nageoires. Le bout de cette queue est terminé par une partie écailleuse , composée de plusieurs pièces en forme de lames applaties , mais de figure diffé- rente, et dont les cinq postérieures, placées en quinconce, sont garnies de poils, et courbées en dessous , dans leur position naturelle , pour couvrir l'ou- verture de l'anus. La lame du milieu de cette partie est garnie, de chaque côté, d'une pièce alongée , irrégulière, et écailleuse , divisée en deux articula- tions mobiles, et qui a en dessous un petit appendice, également écailleux; mais ce qui est bien remarquable , c'est que la pièce écailleuse d'un des côtés est beaucoup plus grande et plus lon- gue que celle de l'autre côté. C'est tou- jours celle opposée à la plus grande pince , qui est la plus grande. Ces piè- ces servent à l'animal pour se fixer au fond de sa coquille , à laquelle il adhère si fort , tant par elles , que par la courbure de sa queue , qu'on ne peut 70 HISTOIRE NATURELLE que difficilement l'en arracher sans bri- ser le corps. La femelle porte , en dessous de l'o- rigine de la queue , tout près du cor- celet , un très - grand nombre d'œufs , très - petits , ronds et rougeâtres , ras- semblés en grande masse , et attachés à des filets à - peu - près semblables à ceux qui se voient sous la queue des écre visses de rivière. Les pagures ont dix pattes , comme presque tous les autres crustacés. Les pinces , plus courtes , mais beaucoup plus grosses que les quatre suivantes , sont divisées en cinq parties articulées, dont les deux premières sont courtes et cylindriques, les deux suivantes gros- ses , triangulaires , et tuberculeuses ; et la dernière , qui est la main , plus ou moins ovale, ou alongée , suivant les espèces , et en général toujours tuberculeuse ou épineuse. Les mains sont souvent inégales ; il y a même quelquefois une très- DES PA6URES. yi grande disproportion entre elles ; cette disproportion est occasionnée par la gêne que présente la coquille. Ce n'est pas toujours la même pince qui est la plus grosse. La gauche comme la droite , peuvent prendre de l'exten- sion, selon la direction des tours de la spire , mais comme les coquilles dextres sont plus communes que les gauches, on trouve plus fréquemment de grosses pinces droites que de gauches. Les deux paires de pattes suivantes sont un peu applaties , plus longues que les pinces, et divisées en six articles , dont celui de l'extrémité est long , co- nique , un peu courbé en arc, et terminé par un ongle dur , en forme de corcelet. Tous ces articles sont ordinairement velus, et quelquefois épineux. Mais les pattes de la quatrième et cinquième paire sont d'une figure toute particulière, et très-différente de celle des autres. Elles sont courtes et appla- ties , divisées en cinq articles , à-peu- fJ2 HISTOIRE NATURELLE près de grosseur ou de largeur égale et très-velues* Elles sont terminées par une espèce d'ongle en crochet coni- que , au-dessous duquel on voit une pièce relevée, composée de petits grains velus. Il y a apparence que ces quatre pattes concourent, encore avec la queue, à fixer l'animal dans sa coquille. Les pagures marchent et traînent leurs coquilles par le moyen de leurs deux premières paires de pattes qui se cramponnent dans le sable , et tirent après elles l'animal. Bosc les a vus faire souvent cette manœuvre. Dès qu'on leur fait craindre quelque dan- ger , ils se retirent autant que possible au fond de leur coquille, et ne laissent plus voir que l'extrémité de leurs pat- tes antérieures. Tous les moyens qu'on emploie pour les obliger à sortir , excepté la chaleur du feu , sont inutiles. La rupture d'une partie de la coquille ne les force pas même. C'est du fond de cette coquille, où DES PAGURES. *]5 ils sont comme en embuscade , que 'les pagures saississent, avec leur grosse pince , la proie qui passe à leur portée. Ils ne vivent que de chair comme les autres crustacés. Pendant l'été ils sont fort communs sur les côtes , et sont sou- vent portés sur la grève par le flot , mais ils savent fort bien retourner à la mer. Pendant l'hiver, ils s'enfoncent dans les profondeurs de l'Océan , on n'en voit plus, ou presque plus. lien est de même sur les côtes de la Caro- line, ainsi que Bosc s'en est assuré. On mange les pagures en Europe , mais , comme ils sont petits , et qu'il est difficile de les faire sortir de leur co- quille , on ne les recherche que lors- qu'on n'a rien de mieux. Le nombre des espèces de ce genre paroît considérable , cependant un très- petit nombre , même européennes , sont connues des Naturalistes. Cela vient de ce que , cachées dans leurs co- quilles ? on les a toujours confondues 74 HISTOIRE NATURELLE avec une des deux espèces d'écrites par les anciens , c'est-à-dire celle à pince droite et celle à pince gauche plus grosse , et qu'il est fort difficile de les conserver. Bosc en a observé à Dieppe , et sur les côtes d'Espagne , cinq à six espèces , qu'il croit nou- velles, mais qui se sont détruites dans sa collection, au point de ne pou- voir plus être décrites. Il en a égale- ment trouvé plusieurs inédites sur les côtes d'Amérique , dont une sera men- tionnée ci -après. On rapporte qu'il y en a , dans les îles d'Amérique, une très-grande espèce qui vit habituellement sur terre , et qui ne va à la mer que pour y dépo- ser ses œufs , et ensuite chercher une nouvelle coquille, avec laquelle elle revient sur les montagnes et dans les bois. Quand on la prend elle jette un petit cri , et tâche de mordre la main. Les habitans la mangent, et tirent de son corps , par sa décomposition au DES PAGURES, 7$ soleil , une huile jaunâtre , regardée comme un remède souverain contre les rhumatismes. On trouve, dans la co- quille d'où l'on vient de tirer, par le moyen du feu , un de ces pagures , une demie-cuillerée d'eau claire, que l'on regarde aussi comme un remède sou- verain contre les pustules que fait naître sur la peau le suc du mancc- nilier. Il est très -digne de remarque que ce pagure conserve ou produise cette eau , qui , sans doute , sert à lubréfîer sa queue , à lui donner la souplesse nécessaire. Des observations sur sa nature seroient sans doute inté- ressantes. Pagure miliaire , Pagurus mi li art us. Brun ; les pinces égales , entièrement couvertes de tubercules peu élevés , composés par de petits grains rapprochés et moins colorés. Il se trouve dans le buccin pomme , et est de la grosseur du poing. Il paroit composé d'écaillés en re- couvrement comme la galathée striée , et ses pattes sont fortement velues. Pagure cuirassier , Pagurus cîibanarius. Le corcelat rugujsuxj les pince6 presque égales, j6 HISTOIP.E NATURELLE hérissées d'épines j les jambes avec des faisceaux de poils. Herhst. Can. tab. 23. fig. 1. Se trouve dans la mer des Indes. Pagure mousquet, Pagurus sclopetarius. Le coi'celet uni; les pinces égales, granuleuses 5 les cuisses de la seconde paire de pattes comprimées. JHerbst. Cane. tab. 23. fig. 3. On ignore sa patrie Pagure tambour, Pagurus tympanistus. Le corcelet uni , très-entier ; les pieds striés ; les ongles marbrés. Herbst. Cane. tab. 23. fig'. 5. On ignore sa patrie. Pagure larron , Pagurus latro. La suture du corcelet à quatre divisions ; la queue simple, ventrue en dessous. Rumph. Mus. tab. 4. fig. H, 1. Se'ba, Mus. 3. tab. 2, i.fig. 1,2. Herbst. Cane. tab. 24. Se trouve dans les Indes orientales , dans les fentes des rochers. Pagure vieille , Pagurus anicula. Le coi'celet ovale, latéralement cilié ; les pattes rugueuses et hérissées de poils. Se trouve dans la mer du Sud. Pagure bernard , Pagurus hernhardus. Les pinces épineuses ; la droite plus grosse. Uegeer. Ins. 7. tab. 23. fig. 5 , 6. Pennant. Zool. Brit. 4. tab. 17. fig. 38. Jonst. Exsang. tab. 7. fig. 6, 12. Swammerd. Bl. Nat. tab. II. fig. 1 , 2. Easter. Sub. 1. tab. 10. fig. 3, 4. Herhst. Cane. tab. 22, fig. g- Se trouve dans les mers d'Europe. i DES PAGURES. 77 Pagure hongrois , Pagurus hungarics. Les pinces hérissées , noires à leur pointe ; 1« droite plus grande; le corps fascié de rouge. Berbst. Cane. tab. 23. fig. 7. Se trouve dans les Indes orientales. Pagure Diogène, Pagurus Diogenes. Les pinces épineuses , pubescentes ; !a gauche plua grande. Rumph. Mus. tab. 5. fig. K , 4. Catesby. Carol. tab. 22. fig. 3. Kaemph. Jap. tab. i3. fig. 7. Herbsi , Cane. tab. 22. fig. 5. Se trouve dans les mers d'Asie et d'Amérique. Pagure strié , Pagurus strigosus. Les pinces et les pattes striées transversalement ; les stries irrégulières , garnies de poils courts et dentés , toujours dirigés en avant ; la pince gauche plus grande , à doigts très-courts , et obtustment dentés en dedans. Voyez pi. 11. fig. 3 , où il est représenté , dans .s» coquille , presque de grandeur naturelle. Se trouve dans la Méditerranée. Pagure soldat, Pagurus miles. La pince gauche plus grande , épineuse ; les ongles des pattes très-longs et dentés. Herbst. Cane. tab. 2.2.. fig. 7. Se trouve dans la mer des Indes, Pagure geôlier , Pagurus custos. La pince gauche plus grande , unie ; les ongles des pattes très-longs et unis. Se trouve dans la mer des Indes. Pagure diaphane , Pagurus diaphanus. Applati ; la pince gauche plus grande , unie ; le ios du poignet très-large. Se trouve dans la ruer des Indes. Crustacés. II. 8 78 HISTOIRE NATURELLE Pagure chaperon , Pagurus cljpeatus. Le corcelet uni , entier , comprimé ; la pince gauche plus grande , et les pieds ponctués. Herbst. Cane. tab. 23. fig. 2, A, B. Se trouve dans la mer des Indes. Pagure hermite , Pagurus eremitus. Les pinces hérissées d'aspérités, presque égales ; les six pattes antérieures armées de pinces. Se trouve dans la Méditerranée, dans les trous de rochers. Pagure tubulaire , Pagurus tuluîaris. Presque C3 r lindrique , avec des points enfoncés sur toutes ses parties. Se trouve dans la Méditerranée , caché dans les ser- pulaires. Pagure flutteur, Pagurus tilicen. Le corcelet uni, tré6-entier; la pince droite plus grosse ; toutes deux , ainsi que les pattes , inarbrées de rpuge,avec l'extrémité blanche. Herbst, Cane. tab. 23. fig. 6. On ignore sa patrie. Pagure excavé , Pagurus excavatus. La pince droite plus grosse , avec deux excava- tions ; le doigt mobile ; et la pince gauche également excavée. Herbst. Cane. tab. 23. fig. 8. On ignore sa patrie. Pagure vitté , Pagurus vittatus. Les pinces presque égales , hérissées de tubercule» ; les deux premières paires de pattes, avec des lignes longitudinales blanches. DES PAGURES. 79 Voyez pi. 12, fig. 1 , où il est représenté un peu réduit. Corcelet applati, légèrement dentelé sur le devant , parsemé de quelques longs poils. Queue aussi longue que le corps. Pinces presque égales , variées de brun et de blanc, parsemées de tubercules blancs et de poils gris ; les doigts égaux , voûtés , sans dents extérieures ; le bord noir ; les quatre pattes antérieures onguicu- lées , velues , brunes , avec des lignes longitudinales blanches. Celte espèce a été trouvée très-abondamment, par Bosc , sur les côtes de la Caroline. Elle se loge dan* plusieurs espèces de buccins. Pagure occulé , Pagurus occulatus. Les pinces égales , hérissées d'épines ; les pédon- cules des yeux aussi longs que le corcelet. Herbst. Cane. tab. 2.3. fig. 4. Se trouve dans l'Océan. Pagure ailé , Pagurus alatus. Les pinces unies-, à trois ailes ; la droite plus grande. Se trouve dans la mer du Nord. Pagure ophthalaricjue , Pag- ophthahnicus» Les pinces égales, hérissées ; les pattes avec des fais- ceaux de poils ; les yeux en massue. Se trouve dans la mer des Indes. Pagure araniforme , Pagurus araniformis. Les pinces hérissées de pointes; la queue calleuse et onguiculée à sa pointe. Se trouve dans les fentes de rochers , dans la wax. du Nord, 80 HISTOIRE NATURELLE Pagurus mangeur ^ Pagurus arrosor. Le corcelet applati % les pinces presque égales, ©rnées , ainsi que les pattes, de sillons nombreux. Herbst. Cane. tab. 48. fig. 2. ©n ignore sa patrie. G AL ATHÉE, Galathea , Fab. Quatre antennes inégales ; les deux inté- rieures fort courtes , triarticulées , à der- nier article bifide ; les extérieures longues et sétacées. Corps oblong ; queue grande, garnie d'écaillés natatoires. Dix pattes ; les antérieures terminées en pinces. Les galathées forment un de ces genres qu'on pourroit appeler artifi- ciels, parce qu'il semble ne reposer que sur un seul caractère , mais quand on l'étudié, quand on entre dans le dé- tail de l'organisation des espèces qui le composent, on est déterminé à re- connoître qu'il est aussi naturel que celui des pagures qui le précèdent , et des palmures qui le suivent. DES G AL ATHÉES. Ri Aussi les galatliées font-elles partie des genres que Fabricius avoit établis aux dépens des cancer de Linneeus , dans ses première travaux sur les crus- tacés , et depuis lors ont-elles été ad- mises comme genres par tous les Na- turalistes. La description absolue de l'espèce commune fera sentir en quoi ce genre diffère de celui de l'écrevisse , qui , au premier coup - d'œil semble avoir beaucoup de rapports avec lui. Le corcelet est ovale , très-peu con- vexe , terminé en devant par une sail- lie triangulaire et garni sur les côtés d'épines coniques dirigées en devant. Ce corcelet paroît formé d'un grand nombre d'écaillés transversales en re- couvrement les unessur les autres , dont le bord est onde , velu , et plus coloré que le reste, sur-tout à deux endroits. Cette configuration , qui n'est qu'appa- rente, se fait voir également sur la queue , sur les pattes , etc. ; elle est 82 HISTOIRE NATURELLE très - remarquable , et distingue cette* espèce parmi la plupart des crustacés, La partie antérieure du corcelet , où la pointe , est accompagnée de trois épines de chaque côté, et de quatre transversales en dessus , qui forment par le redressement de leur base un petit canal dans cette partie. C'est sous ces épines que sont placés les yeux, qui sont ronds , noirs , et placés sur des pédicules peu saillans. Les deux antennes extérieures sont placées sous et derrière les jeux. Elles sont aussi longues que le corps, et formées par un très-grand nombre d'articles , dont les trois premiers seuls sont remarqua- bles par leur grosseur. Les deux an- tennes intérieures sont placées entre les yeux, presque à la pointe, com- posées d'une grosse base mobile, armée de trois longues épines dirigées en avant, et de trois articulations dont la pre- mière fait un angle droit avec la base, et la dernière est divisée en deux por- DES GALATHÉES. 83 lions coniques -, l'extérieure beaucoup plus grosse, formée d'un grand nombre de petits articles , est velue intérieure- ment. Les instrumens de la mandu- cation sont placés plus bas que les an- tennes , et comme à l'ordinaire , com- posés d'un grand nombre de pièces fort singulières. La queue est à-peu-près de la longueur du corps , un peu moins large que le corcelet , divisée en cinq anneaux, con- vexes en dessus, concaves en dessous, sillonnés comme le corcelet par des stries enfoncées , garnies de poils très- courts , et ornées de deux lignes longi- tudinales obscures. L'extrémité est ter- minée par cinq lames minces, écail- leuses, très-plates , bordées d'une frange de poils • les deux pièces latérales sont à-peu-près circulaires , mais celle du milieu, plus grande que les autres est échancrée. Leur surface est raboteuse , et paroît composée d'écaillés en recou- vrement. 84 HISTOIRE NATURELLE Les pattes sont , comme à l'ordi- naire , au nombre de dix. Les deux antérieures ou les pinces sont épaisses , aussi, et, dans une espèce, beaucoup plus longues que le corps , garnies d'épines et de poils. Elles sont divisées en cinq parties , dont les deux pre- mières sont presque cylindriques , an- gulaires et plus garnies d'épines ; la cinquième qui est la main, convexe en dessous , applatie en dessus , et garnie d'épines ; les doigts presque égaux , presque aussi grands que le reste de la main , courbés à la pointe et armés intérieurement de tubercules. La surface de toutes ces parties, et sur- tout distinctement celle des premières , est couverte d'écaillés arrondies , den- telées , placées les unes sur les autres en recouvrement, comme celles des poissons , velues en leurs bords , et dirigées vers la pointe. Les trois paires de pattes, qui sui- vent , sont beaucoup plus courtes que DES GALATHÉES. 85 les pinces , applaties , épineuses , ve- lues , et couvertes d'écaillés sembla- bles à celles des pinces , mais la der- nière est fort remarquable , et d'une figure toute différente de celle des précédentes. Elle est filiforme et déliée , toute unie ou sans épine , divisée en cinq parties articulées et inégales en longueur , dont la troi- sième , qui est la plus longue , est un peu courbée ; celle de l'extrémité est courte et arrondie au bout , sans onglet , mais toute couverte de longs poils, Ces pattes qui ne sont pas tout-à-fait aussi longues que leurs voisines , sont , malgré leur peu de largeur , destinées à aider la galathée dans ses mouvemens natatoires. On voit, par cette description, que les galathées ont beaucoup de rapports avec les écrevisses , mais on voit aussi que leur test a une organisation articulée ou écailleuse particulière. Bosc, qui a eu occasion de prendre plusieurs galathées 86 HISTOIRE NATURELLE de diflerens âges, et qui a étudié leur composition , pense avoir quelquesmo- tifs pour croire que leur accroissement ne se fait pas comme celui des autres crustacés , par le renouvellement com- plet de leur enveloppe , mais par la dislocation générale , à l'époque fixée par la nature , de toutes les articu- lations du corcelet et de la queue, de toutes les écailles des pattes, et la pro- duction rapides de lames intermédiai- res qui se soudent aux anciennes. Il iaudroit sans doute des expériences directes pour établir d'une manière positive , un fait physiologique de cette importance, fait dont on trouve l'ana- logue dans les anatifs et les balanes , qui, comme on sait, ont beaucoup de rap- ports avec les crustacés ; mais Bosc est le premier à désirer que quelque nouveau Réaumur se charge de les entreprendre sur nos côtes, sur -tout sur celles de la Méditerranée , où les galathées sont très-communes. Fo7.JZ.J\r/. v 1 . i • IT , aiicmo"i>ocie Palemon pel; Crevette des ruisseaux I f.1A USA DES PE NEES. IIÏ Pénée rnonodon , Penœus rnonodon. Le rostre épais, relevé, dentelé en dessus , avec trois dents en dessous. Se trouve dans les mers de Tlnde. Pénée inonoceros , Penœus monoceros. Le ro*tre épais , denté en dessus , cilié en dessous-. Se trouve dans la mer des Indes. Pénée planicorne 9 JPenœus pîanicornis. Le rostre court, dentelé; les antennes apjpla.tios e» dessus. Se trouve dans la ruer des Indes. SQUILLE, Sqvilla, Fabriciu.. Quatre antennes presque égales ; les inté- rieures un peu plus longues et trifides ; les extérieures plus courtes , accompa- gnées d'un feuillet oblong. Corcelet court ; queue fort longue , «"élargissant vers son extrémité , garnie d'écaillés et de branchies découvertes. Quatorze pattes ; les anté- rieures terminées par une pièce en scie oa en peigne d'un côté. On donne, sur les côtes de France, le nom de squiiles à plusieurs crustacés IIS HISTOIRE NATURELLE différens , mais plus généralement à une des espèces de ce genre, celle qu'on appelle aussi mante de mer , d'après Rondelet , à cause de la forme de ses pattes , analogue à celles de l'insecte de ce nom. Ce genre est un de ceux ancienne- ment faits par Fabricius, aux dépens des cancer de Liiiiueus. Il n'a pas éprouvé de variation depuis ies pre- mières éditions du Système Entomo- logique de cet auteur , car il est des plus caractérisés et des plus naturels. Le corps de la squille est, comme dans les autres crustacés , divisé en tête, en corcelet et en queue ; mais cette dernière partie , est , ici , d'un vo- lume proportionnel bien plus considé- rable que dans aucun de leurs genres. La tête est petite, confondue avec le corcelet , garnie en devant de deux yeux , placés sur des pédicules mo- biles. Chaque œil paroit doublé , ou comme composé de deux globes entiè- DESSQTJILLES. Il3 rement unis ensemble. A côté de ces 3'eux , on voit deux pièces très-plates , minces et alongées , également mobiles et attachées, une de chaque côté de la tête , à un gros article , qui est aussi mobile. Ces pièces , qui sont bordées tout autour de longs poils , ont la forme d'ailerons îrès-aiongés , et servent pro- bablement de nageoires; elles portent , à leur base interne, les antennes exté- rieures , qui sont courtes , formées par deux articles alongés et cylindriques , terminées par un filet simple , com- posé d'une grande quantité d'articula- tions. Sous les yeux sont implantées les antennes intérieures de la longueur du corceiet, composées de trois articles cylindriques , alongés , dont le dernier est terminé par trois longs filets déliés ^t sétacés, presque égaux , qui sont très- souples, et divisés en une infinité d'ar- ticles. Le corceiet est beaucoup plus long que large , et sa partie postérieure plus Crustacés. II. n tt4 histoire naturelle large que l'antérieure. Il est sillonné, et a , en devant , trois saillies , dont celle dli milieu est arrondie, et les deux la- térales ponctuées ou épineuses. En des- sous, il est concave , avec une carène au milieu , à l'extrémité de laquelle est la bouche , et les organes de la man- ducalion. La queue est très -longue, comme il a déjà été dit , presque égale d'un bout à l'autre, ou mieux augmentant fort peu du devant au derrière. Elle est convexe en dessus, divisée en onze an- neaux, dont les dix premiers, excepté celui qui la joint au corcelet , sont gar- nis de six arêtes élevées , longitudi- nales , qui rendent le corps angulaire , et qui , dans les trois ou quatre derniers de ces anneaux , se terminent en épine très - pointue. Le onzième et dernier anneau, qui est plus large et plus long que les autres, est en lorme de pièce plate , mais relevée au milieu, tant en dessus qu'en dessous ; ses bords sont DESSQUILLES. Il 5 durset écailleux, garnis de huit grandes épines dures et pointues. Entre les qua- tre épines postérieures , ce même bord est crénelé , ou garni d'une suite de , dentelures arrondies. En dessous , il y a cinq paires de branchies très - remarquables , en ce qu'elles sont applaties et membraneu- ses , placées à la jonction des cinquième, sixième , septième , huitième et neu- vième anneaux, et à-peu-près perpen- diculairement à ces mêmes anneaux , c'est-à-dire un peu inclinés en avant, ou vers le corcelet. Elles sont mobiles à leur base , et forment ensemble , sous le ventre , comme de grosses touffes. Chaque branchie est composée de deux pièces circulaires, très-minces et plates, comme des feuilles transparentes , gar- nies , tout autour de leurs bords , de longs filets , en forme de poils , qui flottent librement dans l'eau , et qui sont attachées l'une à côté de l'autre , par un petit pédicule charnu , à une Il6 HISTOIRE NATURELLE grande partie , plus dure , et comme coriace , qui se trouve unie au corps. Les deux pièces plates en feuilles, qui sont en partie en recouvrement l'une sur l'autre , sont accompagnées , à leur surface antérieure , d'un gros paquet de filets charnus, en forme de fibres, qui flottent également dans l'eau , et qui sont unis à la grosse partie coriace dont il a été parlé. L'animal remue conti- nuellement ces ouïes dans l'eau , avec une grande vivacité. Le dixième anneau de la queue est garni, de chaque côté , un peu en des- sous , d'une grande pièce écailleuse , applatie , mobile à sa base , et qui s'é- tend en dessous du dernier anneau qu'elle couvre; en sorte qu'elle ne pa- roît pas quand on regarde l'animal en dessus. On peut cependant écarter ces pièces , et les ramener de côté. Chacune est divisée longitudinalement en trois parties , de figure fort diffé- rente, qui, dans leur situation naturelle , DES SQUILLES. I17 sont appliquées les unes sur les autres , mais qui se laissent séparer jusqu'à un certain degré. La partie extérieure , qui est la plus longue des trois , est en forme de lame alongée , garnie au bout d'une espèce de tête , et au bord exté- rieur de neuf épines , avec une dixième à l'autre bord. La partie en forme de tête est bordée d'une frange de longs poils. La seconde partie est composée de deux longues pointes en épines re- courbées ; et la troisième a là figure d'une lame plus étroite, bordée par- tout de longs filets, en forme de poils. L'anus est placé sous la queue , tout près du dernier anneau ; c'est une pe- tite ouverture ovale. Lessquilles ont sept paires de pattes, ce qui les distingue de tous les autres ■crustacés. Elles sont de trois sortes. Les deux antérieures , ou les pinces , qui sont les plus grandes de toutes , sont attachées au-dessous du corcelet . tout près de sa base. Eiles sont composées de Il8 HISTOIRE NATURELLE quatre parties articulées ensemble , et faisant des angles et des coudes , les uns avec les autres. La première, qui tient immédiatement au corcelet, est longue et assez massive , avec quelques pointes angulaires, et une profonde rainure eu dessous , dans laquelle la troisième par- tie est couchée tout du long , quand l'animal ferme la patte. La seconde partie est courte, et également angu- laire, ayant la forme d'un nœud, qui joint ensemble la dernière et la pre- mière partie. Cette dernière est longue, applatie , et un peu courbée, avec trois épines mobiles à son bord intérieur, tout près de son origine, et dont l'in- lermédiaire est plus courte que les deux autres. Enfin, la quatrième partie, un peu plus courte que la précédente, et qui forme la tenaille, est courbée, et composée du côté intérieur , de six pointes crochues, en forme de dents de peigne , les unes toujours plus courtes que les suivantes. Dans l'inaction , cette DES SQTJILLES. I îg partie est repliée contre le bord anté- rieur de la précédente , étant alors cou- chée tout le long de cette dernière , et c'est avec elle que la squillese saisit de sa proie, la retenant à l'aide des six dents dont elle est pourvue , et des trois épines qui se trouvent à la pièce pré- cédente. En dessous du corcelet, il j' a encore six autres pattes, placées par paire en- tre les deux grandes , et tout près les unes des autres , qui sont également terminées , par des tenailles simples , et divisées en six parties articulées , qui sont courbées et pliées de façon qu'elles font des coudes ensemble ; elles sont toutes dirigées vers la tête, mais leurs trois derniers articles sont recourbés en arrière. Elles sont entièrement cachées par le corcelet , et enveloppées de poils. La première paire est plus longue que la seconde , et celle-ci plus que la troi- sième. Le second article est long, délié et courbé 5 le troisième plus court , et 120 HISTOIRE NATURELLE renflé au milieu ; le quatrième presque globuleux; et le cinquième est un cro- chet mobile , qui se replie sur les au- tres. Dans l'inaction, les six articles de ces pattes sont plies les uns sur les au- tres, en sorte qu'elles ont alors la figura dune S. Enfin , la squille a encore six autres pattes longues , déliées et cylindriques, attachées au?: bords latéraux du second , du troisième, et du quatrième anneau de Ja queue , et divisées en trois arti- cles , dont celui de l'extrémité est garni , au bord antérieur, d'une suite de poils très-serrés, qui y forment comme une longue brosse; mais cet article n'ayant pas de crochet au bout , ces pattes sem- blent être uniquement destinées à ser- vir comme d'avirons. Toutes les espèces de squilles ne sont pas exactement conformes à cette des- cription , qui est celle de la plus com- mune, de celle appelée, comme on l'a déjà dit , mante de mer 5 mais elles DES SQUILLES. 121 n'en diffèrent pas assez pour que les généralités qu'elle contient ne leur con- viennent pas. Le test des squilles est demi-trans- parent , et beaucoup plus mince que celui des autres crustacés de leur gran- deur; ce qui indique qu'elles ont des moyens particuliers pour échapper à leurs ennemis , qui auroient trop de prise sur elles ; mais leurs mœurs n'ont jamais été observées. On ne trouve dans les anciens au- cune trace qui puisse faire croire que la squille leur fut connue. Rondelet est le premier qui en ait parlé , et ce qu'il en dit se réduit à la description, et à une dissertation sur les noms qu'elle porte. La squille a la chair molle , mais d'un bon goût. On l'estime beaucoup sur les côtes de la Méditerranée , où elle est assez commune, 122 HISTOIRE NATURELLE Squille maculée , Squilla maculata. -Le ponce de la pince en faux , à dix dents ; le ror^s très-uni ; le queae avec qaatxe dents de chaque coté. Rumph. Mas. tab. 3. fig. 2. Se trouve dans les Indes orientales. ScruiJle mante, Souilla viantis. Le pouce de la pince en faux, à iix dents ; le corps un peu anguleux ; la queue dentée et épineuse. Degeer. Ins. -. tab. 34. fig. i.Marg. Bras. lab. 187. Mas. 3. tab. 20. fig. 2, 3. Herbst. Cane. tab. 33. fig. 1. Voyez pi. 12 fig. 3, où elle est représentée trés- réduite. Se trouve dans la Méditerranée et les mers de i'Inde. Squille rapliidie, Squilla raphidia. Le pouce de la pince en faux , a huit dents ; en de- dans . la pince dentelée et épineuse. Se trouve dans la mer des Indes. . Squille phalaDge , Squilla phalangium. Le pouce en faux , à cinq dents ; la troisième et la cinquième p'os longues ; le corps uni. Se trouve dans les Indes orientales. Squille ichneumon, Squilla ichneumon. Le pouce en faux, à quatre dents; le bord de la queue noueux et épineux. Se trouve dans les Indes orientales. Squille seyllare , Squilla seyllarus. Les pinces droites , ventrues, angaleases; le pouce à trois dents. DESSQUILLES. 12 j Se'ba, Mus. 3. tab. 20 fig. 6. Herbst. Cane, lab. 3-r. £g. z. Se trouve dans les mers d'Asie. Squille ciliée, Squilla ciliata. Le pouce en faux , à trois dents ; les deux derniers segmeus de l'abdomen épineux et ciliés. Se trouve dans la mer des Indes. Squille goutteuse , Squilla chiragra. Le pouce en alêne ; la base avec une nodosité rousse. Rumph. Mus. tab. 3. fîg. r. Eerbst. Cane. tab. 34. fig. 2. Se trouve dans la mer du Sud. Squille vitrée , Squilla vitrea. Le corcelet uni, caréné; le pouce en faux , en alêne, sans pointe. Se trouve dans la haute mer. S quille arénaire , Squilla arenaria. Le corps maculé de bleu ; le corcelet arrondi , uni ; le pouce à huit dents. Rumph. Mus. tab. 3. fig. L. Herbst. Cane. tab. 33. fig. z- Se trouve dans la mer des Indes. 124 HISTOIRE NATURELLE BRARCmO'PO'DE,BRANcmoPODj f Lamarck. Quatre antennes simples , sétacées , inégales. Corps oblong, dépourvu de pattes, mais ayant de cliaque côté une ou plusieurs rangées de branchies oblongués , ciliées , natatoires , qui en tiennent lieu. Queue nue , a ticulée , longue , fourchue à l'ex- trémité. Les branchiopodes sont des ani- maux alôïi'gés, transparens, remarqua- bles par le grand nombre de branchies dont ils sont pourvus, et par la ma- nière dont la femelle porte ses ovaires. Leur couleur est jaune ou rougeâtre , quelquefois, principalement les femel- les, tirent sur le verd. Leur tète est membraneuse, voûtée et unie sur le milieu du front où il y a deux petits points noirs dont on ne peut deviner la nature. Elle est armée en avant de deux cornes démesurément grandes, relativement à la grosseur de DES BRANCHIOPODES. I2*J l'animal , brunâtres , transparentes , courbées en dedans, fourchues à leur pointe , et portant un angle saillant sur leur dos. Ces deux cornes ressemblent beaucoup aux mandibules des lucanes ou cerfs volans , et sont creuses et mo- biles comme elles. Elles servent sans doute à l'animal pour prendre sa nour- riture. La femelle n'en a que deux petites , simples , qui se voient égale- ment au mâle, dans l'intervalle des deux grandes. La bouche est placée au-dessous de la tête , tout près des jeux. Elle est saillante, et accompagnée de quatre an- teimules ou mandibules, dont la forme n'est pas facile à déterminer , à raison de leur transparence. Les yeux sont latéraux , très-gros , noirs , et portés sur un long pédicule mobile. On voit très - distinctement qu'ils sont composés d'une innombra- ble quantité de petites facettes , comme ceux des insectes proprement dits , Crustacés. II. 12 12.6 HISTOIRE NATURELLE et recouverts d'une membrane dure, transparente , qui ne les touche pas dans leur partie supérieure. Lorsqu'on frotte ces jeux avec le doigt , la couleur noire disparaît; ce qui prouve qu'elle n'est que superficielle. Les antennes sont placées en dessus, peu loin de la base des yeux. Leurs points d'insertions sont très-rapprochés , et ceux des antérieures sont sur les cor- nes. Ces antennes sont transparentes , blanchâtres; les plus petites sont com- posées de deux parties articulées à leur base dans leur milieu , mais de ma- nière à n'avoir qu'un mouvement de genoux. Tous ces caractères les éloi- gnent singulièrement des antennes or- dinaires des crustacés ; et , si on leur donne ce nom , ce n'est qu'à cause de leur forme sétacée. Les antérieures sont beaucoup plus longues que les posté- rieures; elles sont dirigées en avant, et immobiles, creuses dans leur inté- ■rieur , et manquent dans les femelles , DES BB.ANCHI0P0DES. 12.J ce qui les distingue encore plus des véritables antennes. Après la tête, est un cou ovale-cy- lindrique , qui est le premier article du corps. Le corps est cylindrique , composé de douze anneaux, un peu en carènes, dont le premier est plus large que les autres , et peut être - regardé comme faisant partie du cou , beaucoup plus étroit, il est vrai, mais se prolongeant en dessous , au-delà de lui. A chacun de ces douze anneaux , est attaché , en dessous , de chaque côté de la fossette ventrale , nue branchie composée de trois lames ovales • la pre- mière , pédiculée et articulée sur le ventre ; les deux autres sessiles , et articulées; la seconde derrière et au. mi- lieu de la première; la Iroisième der- rière , et au milieu de la seconde. Tou- tes sont bordées de longues barbes , qui , vues à la loupe , se montrent pen- nées , et ont dans leur milieu un vais- 128 HISTOIRE NATURELLE seau aérien. La première paire de bran- chies seule n'a que deux de ces lames ovales. Ces branchies forment donc un triple rang , où les dernières lames sont tou- jours recouvertes par les premières. L'a- nimal ne marche jamais dessus , et elles servent autant à l'action natatoire qu'à la respiration. Roesel prétend avoir observé que les animalcules aquatiques entrent avec l'eau dans les branchies, et sont con- duites à la bouche ; mais il est pro- bable qu'il a été induit à erreur par les bulles d'air, qui souvent ressemblent à des klopodes, à des paramécies, etc. La queue est composée de neuf ar- ticulations cylindriques, qui vont tou- jours en diminuant de diamètre. Elle est de la longueur du corps , et ter- minée par deux nageoires triangulaires , très-aiguè's, un peu divergentes, gar- nies de longs poils pennés. Ces deux nageoires, dont l'une est souvent plus DES BRANCIIIOPODES. I2C) petite que l'autre, égalent en longueur la moitié de la queue. Au premier anneau de la queue , en dessous, on remarque beaucoup de vaisseaux qui vont en ligne droite, et à l'articulation suivante, deux corps cylindriques qu'on ne peut méconnoîlre pour les organes mâles de la génération. Dans la fe- melle , ces corps sont remplacés par deux trous qui se touchent et se con- fondent en un seul. Les branchiopodes ont tout le long du dos un vaisseau rougeâtre qui se bifurque vers la tête , et qui est com- posé d'une suite d'utricules ovales. C'est le cœur qu'on reconnoît à son mou- vement de systole et de diastole. L'estomac et l'intestin se trouvent sous ce vaisseau. Le dernier a son issue à la base des nageoires de la queue. Les ouvertures de la génération de la femelle , dont il a été parlé plus liaut, aboutissent en dedans du corps à une poche, qui est l'ovaire. Quand I OO H I S T O î R K Ï\ T A T V RELLE on examine cette poche avant la fécon- dation, on (a trouve remplie de beau- coup de petits corps , dont les uns sont obscurs , et les autres bleu de ciel , et dans un mouvement continuel ; tous ont une forme ovale, qui devient angu- laire à leur sortie de l'ovaire. Lorsque la fécondation est opérée , les œufs sortent du corps ; et restent pendans à l'ouverture de l'ovaire , ren- fermés dans deux poches alongées, dont la transparence n'empêche pas de voir leur belle couleur bleue. Ils restent dans cette poche jusqu'à ce que les petits soient éclos. Les braiichiopodes vivent dans les eaux entièrement stagnantes , princi- palement dans les fosses ou les mares qui se trouvent dans les bois , et qui sont garnies de plantes aquatiques. On les trouve dans les mares de ta forêt de Bondy , près Paris , quelquefois en immense quantité vers le mois de ger- minal et de prairial. On eu voit moins DES BRANCIIIOPODES. 1DK dans les autres saisons. Us présentent, sur-tout lorsqu'il y a beaucoup cle fe- melles pourvues de leurs ovaires bleus , un spectacle fort agréable. Us nagent sur le dos, toujours dans une position un peu courbée, et par saccades très- vives et très-fréquentes. Ce sont prin- cipalement les deux nageoires de la queue qui agissent dans cette opération , ainsi que Bosc l'a observé • les bran- chies ne servent guère qu'à soutenir ce mouvement, et à guider la direction. Il est très-remarquable qu'il ne s'en trouvé que dans certaines années. Les mares qui en étoient le plus abondam- ment pourvues n'en montrent souvent plus pendant plusieurs printemps de suite , ainsi que Je même Naturaliste s'en est assuré. Lorsqu'on les tire de l'eau, ils se roulent sur eux-mêmes, et ne tardent pas à périr ; car leur dé- licatesse est extrême. Us sont très- difficiles à conserver, même dans l'es- prit-de-vin , et ce par la même raison. 1.J2 HISTOIRE NATURELLE Cet intéressant animal a besoin d être observé de nouveau , pour que son his- toire soit complète. Il ne peut l'être crue par quelqu'un qui habite le voi- sinage des mares qu'il préfère ; car , ainsi que Bosc l'a expérimenté , il est presque impossible de le garder plu- sieurs jours vivans dans des vases de verre. Le branchiopode a été placé, par Fabricius , parmi les crevettes ; mais il est bien évident qu'il n'appartient pas à ce genre, et que Lamarck a eu raison d'en faire un particulier pour lui. On observe que ce dernier Natu- raliste a été obligé de le placer parmi ses crustacés pédiocles , tandis que tous ses caractères le rapprochent des cy- clops qui sont parmi les sessiliocles. Il est une autre espèce de branchio- pode qui se trouve également aux en- virons de Paris , dans les mares de Fon- tainebleau , et qui a été décrit dans le manuel du Naturaliste de Duchesne;, DES BUANCIIIOPODES. I JJ sous le nom de marteau d'eau. Elle diffère assez de la première pour mé- riter une description particulière. Sa tête est globuleuse , armée, en devant , de deux cornes Courbées , dentelées , qui lui sont perpendiculaires , de sorte qu'elles sont comme deux grandes dents dirigées vers le ventre. Elles ont deux articulations à leur base. Dans la femelle , ces deux cornes, au lieu d'être dentelées, minces et courbes , sont cla- vi formes et. épaisses ; mais elles ont une petite épine à leur extrémité, qui remplace la pointe du mâle. Tous deux n'ont que les deux antennes antérieures qui ont été mentionnées dans la pre- mière espèce ; elles sont placées de même, et n'ont aucun mouvement. Les jeux sont également pédoncules. Le corps est plus court , plus bossu ; les branchies sont plus longues , mais ne présentent pas des différences caracté- ristiques d'une grande importance. Les organes de la génération , dans le mâle , 1Ù4 HISTOIRE NATURELLE sont beaucoup plus saillans et plus gros, Dans la femelle , l'ovaire saillant re- présente une lame de sabre assez lon- gue , et les œufs qu'il contient sont noirs , et dans un mouvement continuel. La queue est composée de six articu- lations presque égales dans leur gros- seur et leur longueur , terminées par deux filets garnis de longues soies peu nombreuses. Cet animal, encore plus que le pré- cédent , a les mouvemens vifs et brus- ques , et il ne nage qu'en donnant des coups de queue rapides • ce qui lui a fait donner le nom qu'il porte en français. Branchiop. stagnai , Branchiopoda stagnalis. Les cornes horizontales, et les nageoires de la queue larges ; quatre antennes. Cancer stagnads , Lin. — Gammarus stagnait 's , Fan. — Schaeffer. Monog. 1754. fig. I , a, 12. îierLst. Cane. tab. 35. fig. 9 , 01. Voyez pi. 14. ng. i , qui le représente grossi, de plus du double. Se trouve dans les eaux stagnantes. Branchiopode palludeux, Brandi. palludosa* Les cornes perpendiculaires et les nageoires de la «jueue filiformes ; deux antennes. DES BRANCïïIOPODES. l55 Jtfiiller , Zool. Dan. tab. 48. fig. 1, 8. Tîerbst. Cane. tab. 35. fig. 3, 4, 5. Act. Angl. King. Act. Angi. 5667, avec figures Se trouve dans les eaux stagnantes. ZOE, Zoea, Bosc. Quatre antennes presque égales , les exté- rieures bifides et coudées; un rostre de la longueur du corcelet. Deux yeux extrê- mement gros ; pattes postérieures en na- geoires. Queue fourchue. Le genre de la zoé a été établi par Bosc , sur des crustacés qu'il a décou- verts dans la grande mer , entre l'Eu- rope et l'Amérique. Il ne peut être confondu avec aucun autre, et sa place naturelle est même assez difficile à fixer. Il est de la division des sessilio- cles de Lamarck , et la disposition de ses pattes natatoires semble le rap- procher des polvphèmes de Mu lier : mais il a deux jeux , une queue arli- 2 7)6 HISTOIRE NATURELLE culée , et, clans sa manière d'être , des caractères communs avec les bran- chiopodes de Lamarck. Dans l'impos- sibilité de le rapprocher d'aucun des genres de ce Naturaliste , on le met à la tête de la première section des ses- siliocles ; avant la crevette , pour indi^ quer qu'il fait le passage entre les pé- riodes et les sessiiiocles. La zoé a un corcelet presque ovale , d'une seule pièce demi -transparente , portant sur sa partie antérieure et inté- rieure un rostre droit , inflexible , mince, uni, pointu, un peu plus long que le corcelet, et formant presque un angle droit avec lui. Aux deux côtés de ce rostre sont implantés deux jeux presque sessiles , extrêmement gros , sailians , d'un bleu très-brillant , et plus bas deux paires d'antennes plus courtes que lui ; les inférieures simples ; les extérieures coudées et bifides. Les ius- Irumens de la manducation n'ont pu être observés. Sur la partie supérieure DES ZOÉ S. l3 7 et antérieure du corcelet se voit une épine deux fois plus longue que lui très-large à sa base , courbée en arrière, unie, qui, l'animal vu de face, semble dans le même plan que le rostre 5 et sur ses parties latérales , deux autres- épines , très-courtes , recourbées en des- sous. La queue est aussi longue que le corcelet sous lequel elle se couche ; elle est composée de quatre articulations ap- platies, presque égaies, très-étroites, et d'une cinquième, la terminale, beau- coup plus grande, fourchue, ou mieux en croissant , avec quelques épines courtes dans l'intérieur. Les pattes sont très -courtes, couchées sous l'abdo- men, à peine visibles, à l'exception des deux dernières qui sont très -longues et en forme de nageoires. Telle est la description de ce très- remarquable crustacé , mais il faut voir sa figure pour s'en faire une idée com- plète. Il est nécessaire d'ajouter qu'il est transparent comme du verre ,• que Crustacés. 1 1. j3 lZS HISTOIRE. NATURELLE les jeux, et une petite tache verte à la base de l'épine supérieure , le distin- guent seuls de l'eau dans laquelle il vit. La zoé , lorsque sa queue est repliée , paroît un globule à peine d'un demi- millimètre, qui seroit percé d'outre en outre par une épine. Elle se meut avec une grande vélocité, au moyen de ses pattes en nageoires , soit circulaire- ment , soit de bas en haut , et de haut en bas, souvent elle tourne sur elle-même. Il est impossible de voir lorsqu'elle est en vie , à raison de sa petitesse et de sa transparence, non seulement les parties de la bouche, mais même les pattes , autrement que par leur mouvement. Boscn'avu qu'une seule ibis cet ani- mal dans la haute mer , à cinq à six cents lieues des côtes d'Europe. Il en a entrevu un autre du même genre, dont la couleur étoit noire, et qui n'avoit point d'épine dorsale, mais il lui est échappé avant d'avoir été décrit et dessiné. DES ZOÉ.;. 1ÛC) La pi. i5 , fig. 3 et 4 , représente la zoé pélasgique, zoea pelas g/' ca, très- grossie, vue décote, et en devant. On dit qu'elle est déjà figurée dans un ou- vrage allemand, mais on n'en a pas connoissance. CREVETTE, Gammarvs, Fabricius. Quatre antennes inégales , sétacées , articu- lées; les supérieures bifides, plus longues que les inférieures. Corps alongé, cou- vert de pièces crustacées , transverses. Des appendices bifides sur les côtés de la queue, et à son extrémité. Dix à quatorze pattes ; les quatre antérieures terminées par des mains à simple crochet. Les caractères qui distinguent les crevettes des autres crustacés sont très- prononcés , et principalement dans les appendices , propres à sauter , qu'on remarque à leur queue , aussi avoient- elles été séparées des cancer de Lin- T4o HISTOIRE NATURELLE rtruiis dès les premières éditions du sys- tème entomologique de Fabricius. Lamarek avoit conserva à ce genre une latitude trop considérable , mais Latreille l'a restreint en établissant ce- lui qu'il a appelé talitre , et qui en diffère, principalement parce que les mitennes supérieures ne sont pas plus longues que le premier article des in- férieures, tandis que dans les vérita- bles crevettes, ces mêmes antennes sont plus longues que les inférieures, comme on vient de le voir. Le nouveau genre de Latreille sera mentionné ci-après. Le corps des crevettes est alongé , convexe ou arrondi en dessus , un peu atténué aux deux bouts, applatiou les- tacé , comprimé sur les côtés , couvert de lames transverses plus ou moins nombreuses, selon les espèces. Il est plus haut que large, ce qui fait que ranimai est obligé de se tenir couché sur un de ses côtés , lorsqu'il est eu DES CREVETTES- 1^1 repos au fond de l'eau , ou qu'il y veut marcher ou nager, mais il re- prend Ja position naturelle à la plupart mitres crustacés lorsqu'il nage entre deux eaux. La tête est ici distincte, c'est- à-dire qu'elle est séparée du corps par une légère incision. Elle porte sur les côtés deux jeux , et sur le devant deux paires d'antennes sétacées. Les jeux , regardés à la loupe , montrent des plaques ovales, élevées, blanches , parsemées de points noirs. Les antennes sont longues, les pre- mières plus que les secondes, toujours un peu courbées. Elles sont divisées en quatre parties, dont la dernière, la plus mince et la plus longue , est sub- divisée en un grand nombre d'articu- lations , d'où partent de petits poils courts. Les supérieures sont un peu bifides, c'est-à-dire qu'il sort de leur troisième article, deux autres articles, dont l'un est très -court comparative- ment à l'autre. 142 HISTOIRE NATURELLE. Les instrumens de la manducation sont moins compliqués que dans la plu- part des autres genres. Les plaques crustacées qui couvrent le corps , se prolongent de manière à former une grande cavité en dessous , qui sert à cacher une partie des pattes , et les branchies , qui , dans ce genre , sont saillantes, ou disposées en lames minces , transparentes , dirigées selon la longueur du corps. Les pattes varient en nombre, com- me les anneaux , selon les espèces. Les unes en ont cinq paires , les autres en ont sept. Ces pattes sont attachées aux premiers anneaux. Les anneaux qui n'en portent point , ont une paire de longs filets mobiles , que l'animal tient dans un mouvement continuel, quoi- que tous ses au 1res organes soient en repos. Chacun de ces filets est divisé en deux parties , dont celle qui tient au corps est cylindrique , et l'autre divisée en deux branches coniques ou sétacées , DES CREVETTES. 14$ garnies de longs poils, et subdivisées en un grand nombre d'articulations qui les rendent très - flexibles 5 cependant elles ne sont mobiles que sur celle qui les unit à la pièce cylindrique. La queue est garnie de quatre ou de six pièces aiongées , bifides , très-remar- quables , et qui , comme on l'a déjà dit, constituent le caractère le plus essentiel de ce genre. Elles sont attachées, par paires, à chacun des derniers anneaux du corps. Ce sont des parties écailleuses, applaties et mobiles, divisées transver- salement, par une articulation , en deux portions , dont la seconde est composée de deux branches distinctes , également mobiles et articulées à la première portion, qui en est comme la tige. Les pièces , attachées au dernier an- neau , et quelquefois il n'y en a que là , sont les plus longues de toutes , sont garnies de pointes en l'orme d'épines , et leurs deux branches sont souventter- minées par trois épines semblables. 144 HISTOIRE NATURELLE Toutes ces parties , excepté la dernière paire, quoique garnies d'articulations, n'ont pas de mouvement propre , elles suivent celui que la crevette donne à sa queue ; on dit , excepté la dernière , parce que, dans presque toutes les es- pèces , cette dernière sert à un mouve- ment de ressort , qui fait sauter l'ani- mal quelquefois à une distance consi- dérable. Les pattes, sur lesquelles il faut re- venir, sont différentes les unes des au- tres , paire par paire. Les deux pre- mières paires sont plus larges que les autres , et ont, à leur extrémité, un grand ongle mobile, qui est la serre , et que la crevette peut appliquer sur l'articulation inférieure , dont le bord est garni de quelques épines. C'est avec ces serres, qui sont fort différentes de celles des écrevisses, que ces animaux saisissent leur proie , et la portent à la bouche. Les deux paires suivantes sont un peu plus longues , et moins larges DES CREVETTES. 145 que les premières ; elles sont également terminées par un ongle , mais il est droit ou peu courbé, et n'est pas sus- ceptible de se replier. Enfin , les autres , paires que la crevette tient ordinaire- ment relevées et appliquées contre les côtés de son corps , sont encore plus longues; la cuisse sur-tout est beaucoup plus large. Elles ne sont pas ordinaire- ment velues, mais toujours épineuses. Les crevettes savent nager avec beau- coup de vitesse, au moyen des instru- ment dont on vient de voir rénuméra- tion , et qui tous y concourent. Elles sont extrêmement communes , tant dans la mer que dans les eaux douces, et servent de nourriture aux poissons littoraux , et à plusieurs es- pèces d'oiseaux. Souvent on les voit accouplées , le mâle emportant la fe- melle , bien plus petite que lui, entre ses jambes. On n'a pas suivi leur ma- nière d'agir dans la suite des actes de la génération , dans leur changement 146 HISTOIRE NATURELLE de peau, etc. ; mais il y a tout lieu de croire que cette manière est fort peu différente de celle des autres crustacés. Il est possible que dans les espèces dont on va donner l'é numération , il s'en trouve quelques-unes qui appar- tiennent au genre talitre; mais il sera facile à ceux qui auront occasion d'en rencontrer , de les reconnoître. Crevette ampoule , G ammarus ampulla* Les pinces sans doigts ; quatorze pattes ; les cuisses postérieures , larges et applaties. Phipps. It. Bor. tab. 12, fi g. 3. Herbst. Cane, tab. 35. fig. 1. Se trouve dans la mer du Nord. Crevette folâtre , G ammarus nugax. Les pinces sans doigts ; quatorze pattes ; les six cuisses postérieures larges et applaties. Phipps. It. Bor. tab. 12. fig. 2.. Herbst. Cane. tab. 35 fig. 2. Se trouve dans la mer du Nord. Crevette carénée , Gammarus carinatus. ~Les pinces sans doigts; quatorze pattes; le dos ca- réné et épineux. On ignore son pays natal. Crevette treillis, Gammarus cancellus. Quatre pinces sans doigts ; seize pattes. DES CREVETTES. 147 P allas , Spicil. Zool. 9. tab. 3. fig. 18. Herbst. Cane. tab. 35 fig. 12.. Se trouve dans les rivières de Sibérie. Crevette à longues cornes , Gain, longicornis. Les pinces sans doigts ; les antennes plus longues que le corps ; la queue obtuse. Gronrv. Zooph. tab. 17. fig. 7. Patïas , Spicil. Zool. 9. tab. 4. fig. 9. Pennant. Zool. Brit. 4. tab. 16. fi.?. 3i. Herbst. Cane. tab. 35. fig. 1 1. Se trouve dans les mers d'Europe. Crevette des ruisseaux , Gammarus pulex. Quatre, pinces sans doigts ; dix pattes. Bastet. Subs. 2. tab. 3. fig. 7. Geojf. Ins. 2. tab. 2.1. fig. G.Dfgeer. Ins. 7. tab. 33. fig. 1 , 2. lierbst. Cane. lab. 36. fig. 4, 5. foye^ pi. 14. fig. 4 , où elle est représentée grossie. Se trouve en Europe dans les eaux douces , elle est fort commune aux environs de Paris. Crevette porte corne, Gammarus corniger. Les pinces sans doigts ; le rostre recourbe en alêne ; une double corne de chaque côté du corcelet. Se trouve dans la mer du Nord. Crevette bossue , Gammarus gihlosus. Oblongoe, bossue; les antennes plissées , très-longues. Se trouve sur les côtes de Portugal. Crevette amorce , Gammarus esca. Les pinces sans doigts ; la queue articulée en alêne; l'extrémité fendue. Se trouve dans la mer du Nord. ï43 HISTOIRE NATURELLE. Crevette des méduses , Gammar. medusarwn, Quatre pinces à un seul doigt; la tête très-obtuse. Stroem. Sundm. tab. i. fig. 12, i3. Se trouve sur les méduses dans la mer du Nord. Crevette des Iioraars , Gamrnarus homari. Les segmens du corps épineux en dessus ; la queue en faisceau ; les pointes dentelées. Stroem. Act. Afr. 10. tab. 2. Se trouve dans la mer du Nord. TALITRE, TalitrvS, Latreille. Quatre antennes simples ; les intermédiaires, supérieures, plus courtes que le pédoncule des inférieures. Corps alongé , couvert de pièces crustacées , transverses , presque égales, et appendiculées sur leurs côtés. Dix à quatorze pattes ; les antérieures: terminées par des mains. Des appendices bifides à l'extrémité du corps. Les talitres ont été placés parmi les crevettes par Fabricius , et en effet ils ont de grands rapports de forme et de mœurs avec elles, mais cependant DES TALITRES. ity ils en sont fort distinguâmes quand on entre dans le détail de leurs différentes parties , et qu'on suit leur manière de vivre. Latreilie , le premier , les a sé- parés, et les détails dans lesquels on va entrer prouveront qu'il a eu raison. Les talitres ont généralement le corps plus épais et plus court que les cre- vettes. Leurs jeux sont plus rapprochés. Leur queue est accompagnée d'un moin- dre nombre d'appendices bifides. La cuisse de toutes est , en général , plus lar- ge; mais ce qui forme le caractère géné- rique essentiel , ce sont les antennes , dont les supérieures sont, dans les tali- tres , à peine de la longueur du pre- mier article des secondes, tandis que dans les crevettes, ces mêmes antennes sont plus longues que les secondes. Les crevettes vivent constamment dans l'eau, ou mieux, n'en sortent que lorsqu'elles y sont forcées par son des- sèchement ousa corruption. Les talitres, au contraire, sont plus souvent dehors Crustacés II. 14 ï5o HISTOIRE NATURELLE que dedans , du moins pendant l'été. Ils aiment à se cacher sous les pier- res ou sous les plantes marines, qui se trouvent souvent accumulées sur les bords de la mer. Bosc, qui en a observé de grandes quantités sur les côtes d'Amérique , sur celles d'Espagne et sur celles de France , rapporte que dès qu'on enlève les pierres où l'espèce de fumier sous lequel ils sont à l'abri du soleil, dans une humidité nécessaire à leur exis- tence , ils se sauvent toutes avec une telle vivacité de sauts, que de plusieurs centaines qu'il découvrait à-la-fois , à peine en pouvoit-il saisir un ou deux individus. Les organes qu'ils emploient à ces mouvemens, ne sont autres que les ap- pendices de leur queue qu'ils replient sous leur corps , et qu'ils débandent ensuite , positivement comme les po- dures parmi les insectes. Ils donnent ? si on peut employer cette expression 3 DES TALITRES. ï5r tle continuelles chiquenodes au sol sur lequel ils se trouvent. Les talitres vivent d'animaux plus petits qu'eux, ou de corps morts re- jetés par les flots. Ils Sont eux-mêmes mangés par une grande quantité de poissons et d'oiseaux. Us forment, com- me les crevettes, un excellent appât pour prendre les petits poissons à la ligne. Ils jouissent des mêmes prérogatives que les autres crustacés , c'est-à-dire qu'ils portent leurs œufs sous la queue au printemps , et changent de peau en été. Degeer les a surpris une fois dans cette dernière opération , qui s'est terminée en un clein-d'œil. Comme les crevettes, ils portent leurs femelles , beaucoup plus petites , entre leurs pattes, et ce fardeau ne les em- pêche point de sauter, seulement il s'op- pose à ce qu'ils sautent aussi loin. Tout ce qu'on pourroit dire de plus sur ce genre , appartient aux crevettes, ï5ii HISTOIRE NATURELLE Talitre sauterelle , Taîitrus locusta. Quatre pinces à crochets; quatorze pattes. P allas , Spicil. Zool. 9. tab. 4. fig. 7. Roesel. Ins. 3. tab. 62. Frisch. Ins. 7. tab. 18. Herbst. Cane. tab. 36. fig. 1. Se trouve dans les mers d'Europe. Talitre grillon , Taîitrus grillus. Deux pinces à crochet ; dix pattes. Voyez p]. i5. et fig. 2, où il est représenté grossi. Tète comprimée; antennes supérieures de la longueur du premier article des inférieures ; les postérieures de la longueur de la moitié du corps ; toutes un peu épineuses. Corps comprin-f et composé de onze anneaux. Les sept premiers avec un prolongement latéral distinct. Queue composée de trois appendices bifides; l'in- férieur le plus long ; le supérieur à peine visible. Dix pattes épineuses , à cuisses larges et minces ; les deux premières terminées par une main ovale , à crochet simple. Cette espèce se trouve en grande quantité sur les côtes d'Amérique septentrionale où Bosc l'a observée. Elle ne se tient jamais dans l'eau ; mais elle habite les lieux humides , des bords de la mer, cachée sous les débris des végétaux , sous les pierres , etc. Ella saute par le moyen de sa queue , et glisse sur le sable , par le même moyen, avec une rapidité, dont on ne «e fait pas une idée. Elle acquiert une longueur de dix à douze millimètres. Les oiseaux de basse -cour en sont extrêmement friands. DES CHEVROLLES. l53 CHEVROLLE, Caprella, Lamarck. Quatre antennes inégales. Corps linéaire ? avec des renflemens irréguliers, articulés , à segmens plus longs que larges. Queue nulle, ou très-courte, et dépourvue d'é- cailles ou d'appendices quelconques. Pattes articulées , disposées par paires irréguliè- ment distantes. L A forme des chevrolles se rap- proche davantage de celle de la larve des insectes appelés mantes que des crustacés; cependant leur organisation les place à côté des crevettes. Leur corps est extrêmement alongé relativement à son épaisseur , non par 3e nombre de ses articulations, mais par leur longueur. Leurs deux anten- nes supérieures sont plus longues, et composées de quatre articles inégaux ? dont le dernier est plus long, et subdi- visés en un grand nombre d'articles épineux ou velus à leur base. Les deux ï54 H.ISTOIRE NATURELLE inférieures sont plus courtes , et com- posées de trois articles seulement , mais organisés de même. Les yeux sont la- téraux et sessiles. Les six articles du corps sont inégaux en longueur , pres- que cylindriques, mais souvent renflés dans leur milieu. Au premier , qui porte la tête , ou mieux , qui est la pro- longation de la tête, est attachée une paire de pattes, dont l'avant dernier article est ovale , et le dernier en cro- chet, susceptible de se courber sur le précédent. Ces pattes sont ordinaire- ment très-courtes. Du milieu du se- cond , part une paire de pattes parfai- tement semblables aux premières, mais beaucoup plus longues. Les deux sui- vantes portent des pattes , ou des tubercules entre lesquels sont les or- ganes de la génération , et qui , dans les femelles se changent en un ovaire très-volumineux , lorsque la féconda- tion est opérée. La cinquième est or- dinairement libre. Dans quelques es- DES CHEVROLLES. lOJ pèces , il y en a encore deux autres dont le premier, qui est long, porte à son extrémité deux pattes courtes, on- guiculées, à quatre articles, et le der- nier, qui est très-court , porte égale- ment à son extrémité , deux paires de pattes onguiculées; la première , inté- rieure et plus courte, a cinq articles ; la seconde , supérieure , en a six. Ces deux dernières sont ordinairement relevées. Lorsqu'il n'y a que six articles à l'ab- domen , on ne trouve que ces quatre dernières pattes. .Les chevrolles se trouvent princi- palement dans la mer du Nord. Leur manière de nager est singulière en ce que leur corps se relève postérieure- ment de manière à former quelque- fois un angle droit. Leurs mœurs n'ont point été étudiées. La première es- pèce, quia été observée par Muller, présente un phénomène remarquable; le mâle est fort différent , et a un plus grand nombre de pattes que la l5b HISTOIRE NATURELLE femelle. On ne peut s'empêcher de soupçonner , malgré la confiance que mérite cet homme célèbre, qu'il a été ici induit à erreur , qu'il a con- fondu deux espèces, maison n'ensuivra pus moins son opinion , puisqu'on n'a pas de preuves qu'il se soit trompé. ChevroIIe linéaire , Caprqlla ïinearis, Quatre mains à un seul ongle; dix. pieds dans le mâle. Cancer /t'nran's. J.inn. — G animants Itnearis. Fab. PaUas, Spicil. Zoo!. 9, lab. 4.. fig. if». Pennant. Z09I Brit, 3. tab. 12. fig, 3a. Martin, Spjts. tab. P. fig. 1. Herbst. Cane. tab. 36. fig. pet 10, A, B. Se trouve dans la mer du Nord. Chevrolle ventrde , Câpre //a ventricosa. Des* mains avec un seul ongle; quatorze pieds, jlfu/fer, Zool. Dan. tab. 56. fig. 1 , 3. Acta. Helv. 4. tab. 4. fig, P> . 9 . 10. Se trouve dans la met du Nordi DES AS ELLE S. l5^ ASELLE, As ELU] S , Geoffroy. Quatre antennes sétacées , simples, inéga- les ; les plus petites supérieures. Corps oblong, couvert de plusieurs pièces crus- tacées , transverses , et terminé par une queue d'une seule pièce en dessus , et de deux pièces en dessous ; ces dernières «'ou- vrant sur la dernière articulation du corps. Des styles en pointes articulés et bifides à la partie postérieure. Quatorze pattes. Les aselles ont été longtemps con- fondues avec les cloportes, dont elles ont l'apparence extérieure , mais dont elles diffèrent cependant par deux ca- ractères essentiels, le nombre des an- tennes et la forme de la queue. Quoi- que quelques Naturalistes du siècle dernier les aient mentionnées sous le nom qu'elles portent ici , Geoffroi doit être regardé comme le premier qui ait appris à les distinguer de ces insectes. Son exemple , quelque bien motivé qu'il fût, n'inilua pas sur Lin- l58 HISTOIRE NATURELLE ncBLis, qui continua de mettre les aselles parmi les oniscus , mais Fabricius les réunit avec d'autres crustacés , qui leur sont étrangers sous le nom de cymothoa. Ce Naturaliste vient , dans son dernier supplément , de diviser ce genre en deux. L'un, auquel il a con- servé le nom de cymothoa, et l'autre auquel il a donné celui à'idotea , et il a annoncé qu'il étoit obligé de suspen- dre le classement de plusieurs espè- ces, faute de connoître assez complè- tement leurs caractères. Ces deux gen- res diffèrent par le nombre des anten- nules, les cymothoa en avant quatre, et les idotea seulement deux. Latreille , qui a jugé le caractère générique de Lamarck trop vague , qui a reconnu qu'il ne convenoit pas à toutes les espèces, a partagé son genre en quatre autres. L'un , auquel il a conservé le nom d'aselle , est formé de l'aselle des ruis- seaux de Geoffroy , ou Y oniscus aqua- DES À SELLES. l5g ticus de Linnaeus, les caractères qu'il lui a donnés sont presque ceux de La- marck , c'est-à-dire quatre antennes distinctes, des styles en pointes, arti- culés et bifides , à la partie postérieure du corps. Il auroit pu ajouter, queue composée , en dessous , de deux lames qui s'articulent et se meuvent sur le dernier anneau du corps; ce qui est son caractère essentiellement distinctif. Le second , auquel il a donné le nom d'idotée , idotea , quoi qu'il ne com- prenne pas les espèces rassemblées par Fabricius sous ce nom, a pour carac- tère : Corps alongé; quatre antennes distinctes • point de styles, ou de pointes articulées et bifides à la partie posté- rieure du corps qui a des lames fo- liacées et longitudinales eu dessous. Il auroit dû ajouter articulées sur le bord latéral de la queue. Ce geure a pour type la même espèce que le genre aselle de Lamarck , c'est - à - dire ïoniscus entomon de Linnœus. 200 HISTOIRE NATURELLE Le troisième, appelé spérome, res- semble plus aux cloportes, ou mieux , aux jules , en forme de cloporte , qu'au- cun des deux genres précédens. Il a pour caractère : Corps ovale , se met- tant en boule ; quatre antennes dis- tinctes; point de styles à l'extrémité postérieure du corps. Une pièce ou deux , en lame , de chaque côté de la queue , mais point en dessous. Le quatrième , nommé avec Fabri- cius , cymothoa,a pour caractère : Qua- tre antennes sétacées très-courtes, corps crustacé , convexe , tronqué ou très-ob- ius postérieurement, des yeux distincts; pattes terminées par un ongle très-fort. La division de Latreille ne peut être qu'approuvée ; elle sera donc suivie ici. On va en conséquence décrire les quatre genres mentionnés plus haut sous les noms imposés par ce Naturaliste. Le corps des aselles est applati , com- posé de huit anneaux, y compris la queue. DES ASEILES. l6ï La tête est plus large que longue, et son bord antérieur est un peu con- cave. De chaque côté , on voit un mamelon ou tubercule , garni de poils courts; les deux jeux, qui sont placés environ au milieu des deux côtés., sont petits , noirs , convexes , et entourés de poils. Il y a quatre antennes. Les deux plus longues sont inférieures , et composées de cinq articles, dont le cinquième est sétacé et subdivisé en un grand nombre d'articles. Les deux plus courtes sont divisées en quatre parties; la quatrième également subdivisée. Toutes sont gar- nies de quelques poils. Au-dessous des antennes se voit la bouche entourée de ses antennules , de ses mâchoires et de ses mandibules. Les sept lames crustacées qui cou- vrent le corps sont presque égales , et leurs bords latéraux sont presque éga- lement recourbés en dessous et en ar- xière ; leurs bords sont tranchans , mais Crustacés. II. *5 î6*2 HISTOIRE NATURELLE la huitième, qui forme la queue, est plus grande, arrondie, et terminée en pointe mousse en dessus. En dessous, la queue présente des parties qui ont besoin d'être décrites en détail. D'abord , on voit deux lames minces en forme d'ecailles , concaves en de- dans, articulées au corps par leur bord antérieur , mais libres dans le reste de leur étendue , ou seulement appliquée contre les bords de la partie supérieure de la queue. Leur bord extérieur est arrondi, et l'intérieur est en ligue droite, de sorte qu'elles se joignent exactement. Ces deux lames sont composées de deux membranes , dont l'extérieure seule est crustacée ; elles ont un vide entre elles qu'on peut quelquefois ap- percevoir. Sous ces lames , dans la cavité for- mée par la pièce supérieure , se trouve deux paquets de cinq branchies, dont chacun ressemble à une petite vessie, DES ASELLES. I 65 applatie et remplie d'air. Toutes ces branchies sont transparentes , parse- mées de points opaques , et garnies de quelques poils à leur base. Les trois premières sont d'une forme un peu dif- férente des deux dernières. EUes sont dans un mouvement continuel pendant la vie de l'animal. Le septième anneau du corps du mâle est garni en dessous de deux pièces remarquables; ce sont des lames min- ces, transparentes, crustacées, un peu concaves en dessous ou du côté du corps auquel elles sont articulées par leur base ; chaque pièce est divisée en deux parties par un étranglement profond ; la première de ces pattes est moins large que la seconde , et le bord postérieur de cette dernière , qui a une petite inci- sion du côté extérieur est circulaire, est garnie d'une frange de très-longs poils. En dessous de ces pièces il 3' en a deux autres également plates et fort irrégu- lières. Ces pièces sont sans doute les 164 HISTOIRE NATURELLE parties de la génération dn mâle ; mais on ignore comment elles agissent. La femelle a , dans le même endroit, c'est-à-dire au-dessous du septième anneau , deux petites parties ovales en forme de lames plates , bordées de longs poils, qui recouvrent une petite ouverture qui communique avec l'o- vaire. La queue est garnie à sa partie pos- térieure de chaque côté , d'un appen- dice fourchu , attaché à son bord pos- térieur. Ces appendices sont composées d'une tige de deux articles , dont le second est le plus grand , et va en gros- sissant. Les deux branches sont atta- chées sur cette tige , en opposition, mais l'une un peu plus basse que l'autre. Elles sont subulées , obtuses , divergentes , et terminées par quatre longues soies. Le tout est garni de quelques poils , et très - flexible ; mais il ne paroit pas que l'animal puisse mouvoir volontai** rement ces parties. DES ASELLES. ï65 L'usage de ces fourches n'est pas connu , et elles tiennent fort peu au corps ; aussi , les aselles les perdent- elles souvent; elles repoussent comme les pattes des écre visses Les aselles ont sept paires de pattes assez longues , placées sur les côtés des premiers anneaux du corps. Les deux antérieures sont beaucoup plus courtes que les autres , et divisées en cinq parties différentes en figure. Celle qui termine la patte, forme un crochet garni de poils intérieurement, et elle s'ap- plique sur le bord intérieur de la qua- trième , qui est également velue et mê- me épineuse. Ces deux parties font donc l'office de pinces. Les douze autres pattes sont divisées en six parties iné- gales, et garnies de poils roides. Les huit pattes antérieures ont leur direction vers la tête; les six autres sont courbées en arrière. Lorsque les aselles sont poursuivies , elles courent fort vite dans l'eau , mais l66 HISTOIRE NATURELLE naturellement elles marchent lente- ment. Lorqu'elles sont en repos , leur corps est toujours un peu recourbé en dedans. Quoique les aselles soient très-com- munes , leur histoire est encore fort im- parfaitement connue ; voici ce qu'on sait de leurs mœurs. Dès que les glaces des marais sont fondues , on voit les aselles occupées à J'œuvre de la génération , et elles con- tinuent à s'accoupler pendant tout le printemps et même tout l'été. Le mâle, qui est toujours plus grand que la fe- melle, se saisit d'elle, et la porte sous son corps , la retenant avec les deux pattes de la quatrième paire , dans l'endroit où se trouve la troisième ou quatrième paire de celles-ci. C'est ainsi qu'il la porte par-tout où il va ; sans que cette femelle soit dans la pos- sibilité de lui échapper. Il la garde sept à huit jours. Quand il la quitte , elle se trouve toujours chargée sous le DES ASELLES. l6j ventre d'une certaine quantité d'œufs enfermés dans un sac membraneux , ou une espèce de poche. Il est très-digne de remarque que ces aselles propagent avant d'être parve- nues à leur dernier degré d'accroisse- ment. On en voit accouplées, qui ne sont pas encore à moitié de leur grandeur. Quant à l'acte même de l'accouple- ment , il n'a pas encore été observé. Si les parties de la génération des mâles sont les deux mamelons dont a parlé précédemment, l'acouplement doit être difficile. Il seroit possible de conjec- turer, en réfléchissant sur la longue jonction des deux sexes, que la fécon- dation des œufs se fait à leur sortie du corps de la femelle, comme dans les grenouilles , chez qui le mâle , comme on sait , s'empare également de la femelle pendant plusieurs jours. Geoffroy a voit soupçonné, par ana- logie , que les aselles étoient vivipares. Il ne s'est trompé qu'en partie. Elles î68 HISTOIRE NATURELLE. font bien des œufs , comme on vient de lé voir , mais les petits éclosent dans l'ovaire , de sorte qu'ils naissent tous vivans. Leur sortie du sac mem- braneux , ou de l'ovaire , présente un fait curieux , qu'il est bon de rap- porter. Lorsqu'on renverse sur une table une aselle femelle , dont les petits sont à terme , les mouvemens qu'elle fait pour se remettre sur pied, détermine son ovaire à s'ouvrir dans sa longueur, où il y a naturellement une fente , en- suite chaque moitié à se diviser en trois portions , de sorte que cet ovaire se trouve fendu en six parties , qui laissent entre elles une ouverture très -spa- cieuse , par laquelle les petites aselles sortent à l'instant, après quoi la mère ferme son ovaire, le remet dans son premier état , et se sauve. Les jeunes aselles sont en tout sem- blables à leur mère; mais leur couleur est plus transparente. On peut voir en DESASELLES. l6$ elles , à l'aide du microscope , la cir- culation du sang, jusques dans leurs plus petits organes. Elles changent plu- sieurs fois de peau ou de test , comme les autres crustacés. Demars dit avoir remarqué que les mâles ne quittoient les femelles que vingt - quatre heures après la ponte , qu'elle les aidoient auparavant à se dé^- faire de leur vieille peau , d'abord en leur décalotant la tête avec leurs pattes antérieures , et ensuite le corps avec leurs pattes postérieures. Ce fait est dans l'ordre des possibles ; mais il a besoin d'être confirmé par de nouvelles observations. Les aselles vivent sans doute de chair, mais on n'a pas d'observations qui le constate. Elles sont la proie des poissons et des oiseaux d'eau , et for- ment un bon appât pour la pêche à la ligne. C'est dans les eaux des marais qui ne sont pas en état de putréfaction r 27O HISTOIRE NATURELLE qu'il faut chercher Jesaselles. Au prin- temps elles sont quelquefois si abon- dantes , qu'on peut les prendre à la poignée. En été et en automne elles deviennent plus rares» Il n'y a qu'une seule espèce d'aselle de connue. On l'appellera ici aselle d'eau douce , asellus vulgaris. Elle a été décrite par Linneeus sous le nom d'onis- eus aquaticus ; par Fabricius , de cy- mothoa , ensuite à'idotea aquatica. Elle a été figurée par Geoffroy, Ins. 2,. pi. 22, ,fig. F • par Sulz , Hist. Ins. tab. 5o ? fig. 12; par Frische , Ins. 10. tab. 3o ; par Schaeff. Elém. tab. 22; parDegeer, Ins. 7, tab. 3i ,fig. 7 ; et on la trou- vera également ici figurée et grossie pi. i5,fg. 7 DES IDOTÉES. 17c IDOTÉE, Idotea, Fabricius, Quatre antennes distinctes. Corps oblong , couvert de plusieurs pièces crustacées , transverses. Point de styles , ou pointes articulées à la partie postérieure du corps. Queue large, d'une seule pièce; des lames foliacées et longitudinales en dessous, ar- ticulées sur ses bords latéraux. Les idotées de Latreille diffèrent un peu de celles de Fabricius , mais pas assez cependant pour mériter d'en faire un genre particulier. Elles font partie du genre aselle de Lamarck , quoi- qu'elles n'aient qu'une partie de ses caractères , comme on l'a dit à l'article de ce dernier genre. Elles sont toutes marines , et plusieurs espèces sont con- nues depuis long-temps sous le nom de cloportes marins , d'entomon , etc. ; mais le nombre de celles qui sont dé- crites est bien petit , en comparaison de celles qui se trouvent dans la nature» IJ2, HISTOIRE NATURELLE Bosc rapporte que les côtes d'Europe en fourmillent > que l'on en trouve beaucoup en pleine mer , et que les ri- vages de l'Amérique en sont également très-peuplés. La difficulté de conserver ces espèces en bon état , l'incertitude où l'on a été jusqu'à présent sur les vrais caractères génériques et spécifiques qui leur conviennent, ont été les princi- pales causes du peu de progrès qu'on a fait dans leur étude ; ce sont elles, du moins, qui ont empêché Bosc de profiter de la position, où il s'est trouvé, pour en faire connoître beaucoup de nouvelles. Le corps des idotées est de figure ovale , plus ou moins alongée, convexe en dessus , applati en dessous , et divisé en anneaux , dont les premiers , ordi- nairement , sont larges, et les autres très - étroits. Tous ces anneaux ont, de chaque côté , un appendice plat , triangulaire, finissant plus ou moins en pointe , et débordant le corps, La tête , placée dans la concavité du DES IDOTÉES. 1^3 premier anneau, est moins large que lui ; mais d'ailleurs assez grande , con- vexe par derrière , et concave par de- vant , où elle a, de chaque côté, une petite échancrure , qui forme deux pointes émoussées. Les jeux , qui sont placés aux côtés de la tête, représentent deux petits points noirs , qui , vus à la loupe, ont une surface raboteuse et comme chagrinée , ou garnie d'un grand nombre de petits tubercules. Les antennes sont au nombre de qua- tre , deux grandes inférieures , et deux petites supérieures. Les premières di- visées en cinq parties, dont quatre plus grosses, et la dernière subdivisée en un grand nombre d'articulations. Les secondes , moitié plus courtes, divisées en quatre parties égales, excepté celle qui touche à la tête, qui est plus grosse et plus courte. Au-dessous des antennes est la bou- che , accompagnée de ses antennulles et de ses mâchoires. Crustacés. II. 16 1^4 HISTOIRE NATURELLE Le corps est terminé par une queue remarquable par sa grandeur, dont la ligure varie suivant les espèces , et qui a un enfoncement de chaque côté. Elle est composée de trois pièces ou lames minces , convexes en dehors, concaves en dedans. La plus grande et la plus large de ces pièces, qui est immobile, est placée en dessus. Les deux autres espèces sont situées en dessous de la. précédente, et chacune est attachée au bord extérieur de la pièce supérieure, dans une partie de son étendue, par une espèce de charnière et de liga- ment sur lequel elle est mobile, en sorte que l'idotée peut les ouvrir et les fermer à volonté. Cette queue , telle qu'on vient de la décrire, estle fourreau d'organes qu'on apperçoit lorsque les deux pièces inté- rieures sont ouvertes. Ces organes sont des lames membraneuses, transparen- tes, élastiques, qui ressemblent, par la forme et la consistance, à des ailes de DES IDOTÉES. Iy5 mouches en mouvement les unes sur les autres. On en voit d'abord quatre, at- tachées au-dessous du premier des trois petits anneaux du corps, dont les deux inférieures sont un peu plus longues et plus étroites que la supérieure. Lors- qu'on les soulève , on en apperooit qua- tre autres parfaitement semblables , mais un peu plus longues. Entre ces dernières , se trouvent deux filets élas- tiques, moins longs que le fourreau, qui ont leur attache, par une articu- lation , à l'avant - dernier anneau du corps , et qui peuvent se mouvoir à la volonté de l'animal. Ils ne se trouvent pas dans les femelles , et on ne connoît pas leur usage. En dessous de toutes ces parties, la cavité de la queue renferme encore d'autres paires de lames plates , placées les unes sur les autres , et qui ont leur attache au dernier anneau du corps , auquel elles sont articulées. Les pre- mières de ces lames ressemblent aux I76 HISTOIRE NATURELLE précédentes ; mais les autres sont plus longues du double , transparentes , et sans poils. Ces lames varient en nom- bre selon les espèces. Les pattes sont au nombre de qua- torze , et attachées aux sept premiers anneaux dû corps, proche du bord ex- térieur. Elles sont de deux espèces. Les trois premières paires sont beaucoup plus courtes , et moins grosses que les quatre postérieures. Elles sont divisées en six parties de longueur inégales , dont la cinquième est la plus large. La sixième est courbée en arc , et pointue. Les huit postérieures sont éga- lement divisées en six parties inégales; mais elles vont toujours en diminuant de grosseur. Toutes sont garnies de poils des deux côtés. Lorsque l'idotée nage, les lames de sa queue sont dans un mouvement con- tinuel ; mais ce mouvement est cepen- dant lent, et permet de voir que ces lames sont composées de deux pelii- DES IDOTÉES. JJJ cules, qui laissent entre elles une ca- vité , souvent , mais pas toujours , rem- plie d'air ; de sorte qu'on ne peut se refuser à les regarder comme les bran- chies de l'animal. L'anus se trouve placé au bout du ventre , sous les lames ; il est fermé par deux lèvres latérales et membra- neuses. Le mâle diffère de la femelle par les pattes , qui sont plus grosses 5 par les deux demi-tubes , dont il a été parlé ; et par deux petites membranes ovales placées l'une à côté de l'autre , au- dessous du premier des petits anneaux du ventre. Degeer pense que ce pour- roit bien être les véritables organes de la génération, d'autant plus qu'après la mort d'un de ces mâles , il sortit de ces parties une matière blanche , entortillée comme un fil , qui ressembloit à de la matière séminale. Les idotées , quelque communes qu'elles soient dans la mer , n'ont pas 1 7S HISTOIRE NATURELLE encore été étudiées sous le rapport de leurs mœurs. On sait seulement qu'elles nagent avec une grande vélocité , qu'elles vivent de crustacés plus petits qu'elles, et qu'elles sont redoutées par les pêcheurs. On ne devine pas pour- quoi elles se trouvent dans ce der- nier cas , à moins qu'elles n'aient été confondues avec d'autres genres , tels que le genre callige, dont les espèces, en effet , vivent aux dépens des pois- sons. Il est même à croire que deux espèces , les idotées psore et phjsode appartiennent à ce genre. Il est possi- ble que , dans le nombre des autres il s'en trouve encore quelques - unes qui se rapportent à des genres diffé- rens ; mais les principes génériques sont posés , et il sera facile de recon- noitre les véritables idotées, lorsqu'on sera dans le cas d'en observer. ] dotée entomon , Idotea entomon. Dix anneaux sur le corps j la queue oblongue et pointue. DES IDOTEES. jjg Onîscus entomon. Linn. — Cymothoa entomon. Fab. Primant. Zool. Brit. 4. tab. 18. fig. 5. Baster. Subs. 2. tab. i3. fig. 2. Degeer. Ins. 7. tab. 32. fig. 1, 2. P allas , Spicil. Zool. 9. tab 5. fig. i. Se trouve dans les mers d'Europe. Idotée oestre, Idotea oestrum. Six anneaux sur le corps; la queue courte et tronquée. Oniscus oestrum. iÀnn. — Cymothoa oestrum Fab. Pennant. Zool. Brit. 4. tab. 18. fig. 1. Sala , Mus. 1. tab. 90. Stroem. Sundm. tab. 1. fig. 2 t 3. Se trouve dans les mers d'Europe. Idot. de la Guadeloupe, Id. Guadeloupensis* Six anneaux sur le corps ; la queue ovale. Cymothoa guade.loupensis. Fab. Se trouve dans les mers d'Amérique. Idotée métallique , Idotea metallîca. Dix anneaux sur le corps ; queue alongée et tron- quée. Voyez pi. i5. fig. 6, qui la représente grossie da double. Se trouve dans la haute mer , où elle a été observée par Bosc. Tête rugueuse , tronquée ; yeux noirs; antennes an- térieures très - courtes , filiformes ; postérieures très- longues et sétacées. Anneaux du eorps , au nombre de dix , presque égaux , mgueux; les bords latéraux demi-transparens. Queue presque aussi large que les anneaux , de la longueur de la moitié du corps , très-bombée en dessus, tronquée net à son extrémité. Pattes ponctuées , légèrement épineuses , au nombre Ss quatorze ; toutes également onguiculées. Couleur a un bleu noir , doré } uniforme. l8o HISTOIRE NATURELLE Idotée américaine , Idotea americana. Douze anneaux sur le corps ; les pattes postérieures alongees, rousses; la queue arrondie. Idotea ^tmericana. Fab. Se trouve dans, les mers d'Amérique. Idotée psore, Idotea psora. Treize anneaux sur le corps; la queue demi-ovale; aiguë; le ventre nu. S/roem. Act. Hafn. g. tab. 10. Se trouve dans la mer du Nord. Elle passe pour spécifique contre la teigne et la gale. Idotée physodc, Idotea phjsodes. Treize anneaux sur le corps; la queue ovale; 1» venlre nu Sulz. Hist. Ins. tab. 3o. fig. i x . Journal de Pbys. iiov. 1787. pi. 2. fig. 11. Se trouve dans la grande mer sur les ouïes des poissons. Peut-être appartient-elle avec la précédente ;m genre calige. Idotée vittée, Idotea vittata. Dix anneaux sur le corps ; grise , ponctuée de bran , avec un large vitta jaune sur le dos ; queue alongée et terminée en pointe. A été trouvée par Bosc dans la haute mer. Elle rassemble beaucoup à l'aselle entomon ; mais elle est à peine longue d'un centimètre; les anneaux n'ont poiut d'appendices latérales , et sa queue est moins pointue. Le vitta disparoit quelquefois pas l'effet de la dessication. Idotée aiguë, Idotea acuminata. Oblongue , grise; les antennes et les pattes plus pâles; la queue pointue. 5s Uouve dam l'Océan, FoI.7/l i a<7 U70 PI . iJ Den voit quatre petites parties coniques , très-courtes, placées par paires les unes sur les autres , et dont on ne connoît pas plus l'usage. Ces animaux, remarquables, se tien- nent si fortement cramponnés sur les baleines , au moyen des griffes dont on vient de donner la description, que, pour les enlever, en vie et entiers , il faut couper une portion de la peau de la baleine. Ils se placent, de préférence, aux lèvres, aux parties génitales , contre les nageoires, lieux où ils ne peuvent être inquiétés par la baleine qu'ils tour- mentent. Quelques baleines en ont beaucoup, sur-tout en été; d'autres en ont moins; et d'autres point du tout. On rapporte qu'ils rongent la peau de la baleine, et qu'ils y laissent des trous comme si on en avoit emporté des morceaux; mais c'est évidemment une erreur : le cyame ne peut que faire un trou avec sa trompe , et sucer le sang ou la graisse de la baleine. Il n'a pas Sù€ HISTOIRE NATURELLE d'autres instrumens propres à déchirer que ses pattes avec lesquelles il ne peut faire que des égratignures , et, comme il reste long-temps à la même place, il n'a pas même occasion d'en faire souvent. LaJ/o-. i6.pl. 2 , représente le oyame des cétacés un peu réduit. La seconde espèce avoit été placée par Linnaeus parmi les phalangium ; par Pallas parmi les acarus ; par Fa- bricius , d'abord parmi les poux , et en dernier lieu, avec la première, parmi les pygnogonum , sous le nom spéci- fique de balenarum. Brunick la regarde comme formant un genre nouveau , et probablement il a raison -, car cet ani- mal paroît bien différer par la descrip- tion du pou de baleine. lia une longue trompe saillante pour bouche; quatre petits yeux sur le sommet de la tête ; deux antennes courtes , moniliformes ; quatre articulations au corps ; celle du milieu plus élevée et plus large que DES CYAMES. 207 les autres. Huit pieds presque égaux , fort longs , composés de sept articles très-courts , et terminés par un ongle très-robuste. Quelques auteurs disent qu'il se trouve sur la baleine , d'autres sous les pierres. Sa trompe et ses ongles cro- chus annoncent qu'il vit de sang , et qu'il se cramponne sur les animaux pour les sucer ; ainsi ce n'est que par ha- sard qu'il a été trouvé sous des pierres. Comme on ne peut prendre parti entre plusieurs savans également dignes» de faire autorité, sans avoir une con- noissance plus étendue de son organi- sation , sans l'avoir étudié sur la nature , on se contentera de citer le cjame des baleines, de renvoyer à Brunich, Ins. tab. 1 ,fig. 4 ; à Stroem. Sundm. tab. r , fig. 175a Baster, Subs. 2. tab. 1 2 ,Jîg. 3 ; à Pallas , Mise. Zool. tab. i4,fig. -21 et 20 , pour avoir une idée de sa forme , et de dire qu'on le trouve dans la mer du Nord. S08 HISTOIRE NATURELLE CYMOTHOA, Cymothoa, F ah. Quatre antennes sélacées , égales , épaisses , et courtes , placées dessous les jeux. Un suçoir rétractile , sortant de dessous la tête , et accompagné de deux antennules très -courtes. Corps composé de pièces crustacées , peu nombreuses, dont la der- nière est très-large, tronquée, et accom- pagnée de deux petites pinces. Pattes en crochet. Pabricius a établi ce genre pour renfermer divers crustacés marins men- tionnés par Linnéeus sous le nom de cloporte. Il lui avoit , dans ses précé- dentes éditions, donné un caractère forfc vague ; mais , dans sa dernière , il l'a circonscrit de manière à réduire à trois les espèces qu'il contenoit. Les autres ont été employées à former le genre idotée, ou ont été omises, faute d'avoir été étudiées sous les nouveaux rapports adoptés. Lamarck a compris , ou du moins on suppose qu'il a dû compren- DES CYMOTHOA. 20$ dre toutes ces espèces dans son genre aselle. La description absolue d'une espèce, observée vivante par Bosc , assurera encore plus les véritables caractères de ce genre que Latreille a adoptés. La tête est plate, presque ronde , fort large, unie, avec deux grands jeux verdâtres sur sa partie supérieure et la- térale. En dessous , elle a deux paires d'antennes postérieures placées avant les j r eux, et une trompe rétractile , accom- pnguce de deux antennules au milieu. Les antennes sont , de chaque côté , placées l'une devant l'autre , et compo- sées d'environ cinq articles , dont le premier est très-gros , et les autres vont en diminuant jusqu'à la pointe; ils sont dune nature plutôt cartilagineuse que crustacée. La trompe , ainsi que les antennules sont également cartilagi- neuses , et ne peuvent se bien voir que sur le vivant. Le corps est très-bombé , composé Crustacés. II. 19 210 HISTOIRE NATURELLE de sept anneaux , dont le premier est le plus long et le moins large , et les deux derniers les plus étroits. Ils sont presque unis , et terminés obtusement sur leurs bords. En dessous , il y a quatorze pattes très-courtes, égales , et attachées de chaque côté, positive- ment sur le bord des anneaux. Chacun est composé d'une cuisse épaisse et courbée en S , d'une jambe plus mince , mais qui lui est presque égale en lon- gueur, et qui a , à sa base , une ou deux articulations peu visibles ; enfin d'un ongle très-crochu , très-aigu , et presque aussi long que la jambe. La queue est composée de deux par- ties : la première, formée par cinq an- neaux plus étroits , et moins larges que ceux du corps , par lesquels ils sont en partie recouverts ; la dernière, formée par une écaille un peu convexe , paral- lélogramique , plus large que le corps , et aussi longue que la somme des an- neaux de la queue. A sa base extérieure DES CYMOTHOA. Zll est une petite excision , qui sert de sup- port à une petite pince , composée d'une articulation et de deux doigts égaux; le tout moins long que la pièce qui leur sert de support. En dessous de la queue il y a deux rangées de branchies arrondies , que leur peu d'épaisseur et leur transpa- rence , n'ont pas permis de compter. La cymothoa sur laquelle cette des- cription a été faite , étoit d'un blanc jaunâtre , de quinze millimètres de long sur cinq de large. Elle a été trouvée par Bosc, dans les mers d'Amérique, attachée aux lèvres d'un poisson , du genre des perches, à laquelle elle tenoit avec tant de force , qu'il a fallu em- ployer un couteau pour l'obtenir sans la briser. Cymothoa asile, Cymothoa asiîus. Deux anneaux sur le corps ; la queue demi-ovale. Oniscusasilus. Linn. — Pal/as , Spkil. Zool. tab. 4. fig. 12. Peliv. Gaz. tab. i55. fig. 1. Plancus , Conch. Min. Nat. tab. 5. fig. A, B. Se trouve dans les Mers d'Europe» 212 HISTOIRE NATURELLE Çymothoa ichtiole , Çymothoa ichtiola. Treize anneaux sur le corps ; la queue quadranga- îaire. Brunich. Entom. tab. T. fîg. 5. Voyez pi. i 6. fig. i , où elle est représentée grossit». Se trouve sur les poissons en Amérique d'où elle a été rapportée par Bosc. Çymothoa en faux , Çymothoa faïcata. Douze anneaux sur le corps , dont les extrémité* latérales sont courbées en faux et armées de deux épines ; la queue ovale , obtuse. Se trouve dans les mers de la Chine. Çymothoa imbriquée, Çymothoa imbricata* Vingt -sept anneaux sur le corps; les antennes comprimées; les cuisses postérieures carénées. Se trouve sur les côtes de la nouvelle Hollande. Çymothoa paradoxe , Çymothoa paradoxa. Quinze anneaux sur Je corps, dont les extrémités latérales sont courbées en faux et armées d'épines ; la queue ovale, avec trois lignes élevées an dessus, et uns lame courte de chaque côté. Se trouve dans la mer du détroit de Magellan. DES EOPYRES. 21-2 BOPYRE, BOPYRUS, Latreille. Corps applati , légèrement crustacé, arrona'i en devant , pointu et oblique en arrière. Pattes très -courtes , insérées aux bords des anneaux. Les pêcheurs des bords de l'Océan sont dans la persuasion que les soles , pleuronectes sola , Linnœus , doivent Jeur naissance aux chevrettes ou sali- coques. Fougeroux de Bondarqy , voulant s'assurer des causes de ce préjugé , de- manda à des pêcheurs des chevrettes avec des jeunes soles prêtes à éclore , et ils lui en apportèrent en grande quantité. Ce physicien , en examinant ces che- vrettes , vit qu'elles avoient un renfle- ment très - apparent sur la partie laté- rale postérieure de leur corcelet , et lorqu'il l'eût levé , il trouva un petit animal, applati, de forme à-peu-près 214 HISTOIRE NATURELLE semblable à la sole , mais si différent par son organisation, qu'il est peu aisé de comprendre comment il a pu être pris pour ce poisson. Cet animal par son aspect , et par le lieu de son habitation, se rappro- che du mollusque que Bosc a décrit sous le nom d'oscane ; mais il a les ca- ractères des crustacés parasites , et n'est pas comme Toscane , adhérent à la che- vrette , il vit sous le test même de son corcelet, qu'il soulève avec son dos. Voici la description qu'en donne Fougeroux de Bondaroy : il est figuré en cœur, plat en dessous , et un peu concave en dessus , à- peu-près de sept millimètres de longueur, sur quatre à cinq de largeur. Une des extrémités de son corps est arrondie; l'autre pointue. La bouche est placée en dessous de sa partie antérieure; c'est une espèce de trompe en mamelon. Autour de cet animal , à la naissance des écailles qui bordent sa partie supé- DES BOPYRES. 2l5 rïeure, on voit un rang de petits cro- chets, qui lui servent sans doute à se cramponner au corps de la chevrette. On en compte sept de chaque côté. Sur la partie postérieure du corps , qu'on peut appeler la queue , on voit deux rangs de lames, qui se recouvrent et laissent un petit intervalle dans le mi- lieu de cette partie. Ces parties ne peu- vent être méconnues pour des bran- chies ; mais il est remarquable qu'elles soient placées sur le dos. Lorsqu'on lève ces branchies , on trouve un autre animal extrêmement petit , plus alongé, à anneaux très-pro- noncés , garni de seize à dix - huit crochets. Cette description n'est point faite dans les principes modernes , et laisse par conséquent beaucoup à désirer ; mais il est probable que les Naturalistes ne tarderont pas à voir fixer leurs idées à cet égard , car A. Brogniard a rapporté beaucoup de ces animaux des bords de ÊIO HISTOIRE KATUTvELI.f l'Océan i et prépare un travail propre à le faire connaître complètement* Fabricius a placé , dans son dernier supplément , le bopyre parmi les mo- nocles ; mais il est très-probable qu'il ne l'a pas suffisamment observé. Bopyre des crustacés , Bopjrus crangorum. Fougeroux de Bondaroy, Mém. del'Acadëm. 1772, |»3g. 29, pi. I. CYCLOPE, Cyclops, Muller. Corps alongé* , diminuant insensiblement pour former une queue, Deux à quatre antennes ; six à dix pattes soyeuses ; un seul oeil. Les cyclopes faisoient, comme les genres précédens , partie des monocles de Linnœus , de Degeer , de Geoffroy et autres. Us ont été séparés de ce genre par Muller , qui a ajouté à la seule es- pèce connue des Naturalistes précités , DES CYCLOPES. 217 douze autres distinguantes par des ca- ractères bien tranchans. Ce genre s'écarte des cypris , des daphnies, et autres des entomostracés de Muller , pour se rapprocher un peu des écrevisses et autres genres voisin . Leu"wenhoeck est le premier qui ait fait connoître l'espèce de ce genre que Geoffroy a appelé le monocle à queue fourchue. Après lui, Baker , Roesel , et Degeer, ont multiplié les observa- tions , et par conséquent approfondi son histoire, qui présente des faits dignes des méditations des scrutateurs de la nature. Le corps des cyclopes est de figure ovale , très-alongé , couvert de pièces crustacées , convexes , dont la première est ordinairement beaucoup plus grande que les autres; elles vont en décroissant rapidement jusqu'à la queue. Il y a , selon les espèces , de cinq à huit de ces écailles. Le dos est toujours con- vexe , et le ventre toujours concave» 2l8 HISTOIRE NATURELLE On voit , à travers les écailles , qui sont demi-transparentes, quoique ordi- nairement colorées , d'abord près le dos , un long vaisseau , presque droit , pourvu d'un mouvement de systole et de diastole , c'est le cœur; ensuite , plus bas , sur les côtés , deux autres vaisseaux un peu courbés, irréguliers, qui sont les intestins. On voit bien en- core quelques autres parties , mais pas assez distinctement pour pouvoir les caractériser. La tête n'est point distincte du corps. Elle n'est indiquée que par un œil uni- que , très-gros , placé sur la partie su- périeure et antérieure. Cette tête est munie, en devant, de deux longues antennes , une de chaque côté, qui sont toujours très-mobiles et flexibles , parce qu'elles sont divisées en plusieurs articulations de longueur iné- gale. Elles sont encore garnies d'un grand nombre de poils également mobiles , qui partent, pour la plupart, des join- DES CYCL0PE3. SICJl tures de ces articulations. Ces antennes sont assez grosses à leur origine , et vont en diminuant jusqu'à Jeur extré- mité , qui n'est cependant pas pointue, mais émoussée , et terminée par des poils. L'animal peut donner différens mouvemens à ses antennes • mais ordi- nairement il les porte étendues vers les côtés de son corps. Lorsqu'il y en a quatre , et cela n'arrive qu'une seule fois , les deux antérieures sont plus lon- gues et plus grosses que les posté- rieures. Le corps est terminé par une longue queue droite et fourchue à son extré- mité, dont la direction est dans une même ligne avec le corps. Elle est flexible et mobile à sa base, ou dans l'endroit où elle est articulée au corps. A son origine elle est grosse et cylin- drique, diminuant ensuite peu-à-peu de volume , et se divisant plus ou moins promptement , selon les espèces , en deux branches , en forme de soie , près- 220 HISTOIRE NATURELLE que toujours velues. Dans quelques espèces ce filet se bifurque encore ; mais toujours la branche du milieu est la plus grande. Les pattes, ou plutôt les nageoires des cyclopes varient en nombre , selon les espèces , entre six et dix. Elles sont placées par paires , ou deux à deux , en dessous du corps. Elles sont très-grosses à leur origine ; mais vers le milieu de leur longueur elles se divisent en deux branches , latéralement garnies d'un grand nombre de parlies en forme de poils ou de filets déliés , articulés à la base , en sorte qu'elles sont mobiles , et servent à pousser l'eau. La position de ces nageoires est telle, que , quand l'a- nimal les tient en repos , elles sont tou- tes dirigées vers l'a tête , et que lors- qu'il nage , efiés sont au contraire diri- gées vers la queue , de sorte qu'elles parcourent un grand arc dans leurs mouvemens; aussi les cyclopes nagent- ils avec une très-grande vitesse. Leur DES CYCLOPES. 221 marche est à-peu-près semblable à celle d'une chaloupe que des rameurs font mouvoir, c'est-à-dire qu'elle a lieu par saccades réitérées. Les antennes et la queue semblent aussi contribuer à l'ac- tion de nager , mais elles ne sont- pas nécessaires à cette opération , comme dans le genre daphnie. Les cjclopes sont à-peu-près en équilibre avec l'eau, au milieu de la- quelle ils peuvent rester long -temps comme suspendus , mais peu-à-peu ils s'enfoncent néanmoins , quand ils per- sistent à ne se donner aucun mouve- ment. La propagation des animaux de ce genre est des plus singulière. Pendant toute l'année on trouve des femelles qui portent près de l'origine de la queue , sur un pédicule , une ou deux grandes masses ovales , qui ne repré- sentent pas mal des grappes de raisin ? et qui pendent obliquement au milieu , ou aux deux côtés de la queue. Cha- Crustacés. II. 20 222 HISTOIRE NATURELLE cune de ces masses est un assemblage d'œufs parfaitement ronds, de couleur noirâtre ou verdâtre , pondus par la femelle , et renfermés dans un sac mem- braneux attaché au corps par un filet délié , mais qui s'en détache facilement par un frottement un peu rude. On n'a pas encore appris à connoître combien de temps les daphnies por- tent , ainsi remplis , ces ovaires exté- rieurs ; il est probable que cela dé- pend de la chaleur de la saison, qu'en été il faut très-peu de jours, et en hi- ver un plus grand nombre ; mais on est assuré que les petits sortent en crevant les ovaires qui les enveloppent , après , dit Geoffroy , qu'ils sont séparés de la mère. Les organes mâles des cyclopes sont placés dans les antennes, alors plus grosses dans une de leurs parties; tantôt ils ne se montrent que dans une an- tenne ; tantôt ils se montrent dans tou- tes les deux. Les organes de la femelle- DES CYCLOPES. 223 sont placés sous le ventre , à l'origine delà queue , dans les petits tubercules, qu'on a dit servir de soutien aux ovai- res. Ainsi donc ces animaux copu- lent positivement comme les araignées, et leurs organes de la génération sont analogues. Les cycîopes nouvellement nés sont d'une petitesse extrême , et d'une forme si différente de celle de leur mère , que plusieurs observateurs , et Muller lui- même , les ont pris pour des animaux différens. Ce dernier les a décrits sous ïes noms génériques de nauplies et d'amynomes , quoique Degeer , qui a voit étudié les mœurs d'un cyclope , se soit beaucoup apesanti sur ce fait. Voici ce qu'il en dit : « Leur corps est plat et ovale , plus pointu par derrière que par devant ; ils n'ont point de queue , ou n'ont que deux poils pour queue. Les nageoires sont aussi très-différentes , tant en nom- bre qu'en figure. Ils en ont six , deux 224 HISTOIRE NATURELLE en devant , et quatre sur les côtés. ( C'est le cyclope à quatre cornes dont il est ici question , et il a huit nageoires.) Les deux antérieures répondent peut- être aux antennes de la mère , étant dirigées en avant , et n'ayant point leur extrémité fourchue comme les quatre latérales ; cependant ils les remuent également en nageant ; enfin elles sont à-peu-près, par-tout, de grosseur égale , et leur extrémité est arrondie , garnie de quelques petits filets en forme de poils. Les quatre nageoires latérales sont divisées , au bout, en deux bran- ches courtes , garnies de quelques poils; elles se ressemblent toutes quatre , ex- cepté que les deux postérieures sont un peu plus petites , et que leurs bran- ches sont plus courtes et plus déliées. Au reste , toutes ces nageoires , de même que les deux cornes antérieures , sont très- transparentes, et divisées en quatre articulations. Au milieu du corps , entre les quatre nageoires , on DES CYCLOPES. 223 voit une grande tache obscure , et en avant une petite tache noire , quelque- fois rouge , qui sans doute est l'œil. « A moins que d'avoir vu naître ces petits animaux , on ne les prendrait jamais pour les enfans de leur mère , tant leur figure est différente , et pour m'en assurer davantage , j'ai répété la même expérience plusieurs fois de suite , et toujours avec le même ré- sultat. « J'ai ensuite placé trois de ces pe- tits , éclos chez moi , chacun séparé- ment dans des vases où il y avoit de l'eau , et je les observai chaque jour. Au bout d'un certain temps, je remar- quai que deux de ces petits insectes avoient changé de figure ; mais , autant que j'ai pu voir, sans se défaire d'aucune dépouille. Les deux antennes s'étoient abaissées vers les côtés ; les deux na- geoires s'étoient aussi un peu ciliées en bas , et les deux postérieures se trou- voient dirigées en arrière , et appliquées 226 HISTOIRE NATURELLE contre ces mêmes côtés. Peu de temps après il leur arriva un autre change- ment. La partie antérieure du corps s'alongea considérablement, et la partie postérieure devint plus aiguë; les qua- tre nageoires latérales se trouvèrent placées alors au milieu du corps. L'a- nimal n'étoit plus alors si transparent. A mon grand regret , je n'ai pas pu pousser plus loin mes expériences , par la mort accidentelle des individus qui en faisoient l'objet. » Depuis , le savant Jurine, citoyen de Genève , s'est assuré par de nou- velles expériences , que les nauplies de Muller n'étoient que les larves des cy- clopes , de manière qu'il n'est plus per- mis de douter de ce fait. Les cyclopes se trouvent dans les eaux stagnantes qui ne sont point cor- rompues , sur-tout dans celles où il y a des plantes en végétation. On en trouve aussi quelques espèces dans la mer. Il ne s en. voit pas, du moins aux en- DES CYCLOPES. 227 virons de Paris, en aussi grand nombre que les cypris et les daphnies , il y en a cependant quelquefois assez pour que l'on en puisse prendre plusieurs cen- taines en remplissant d'eau un gobelet. On les rencontre toute l'année , mais c'est principalement au printemps qu'ils sont les plus communs. Ils servent , comme les autres animaux de la classe des entomostracés , de nourriture à tous les insectes aquatiques , à tous les vers qui habitent avec eux , et de plus aux oiseaux d'eau. Les mêmes causes de destruction agissent sur eux. Cyclope menu , Cjclops minutus. Les antennes linéaires ; la queue à deux soies. Eichhorn. Microsc. tab. 5. fig. K, L. Muller , Eniomosr. tab. 17. fig. 1 , 7. Se trouve dans les eaux stagnantes. Il est fort com- mun aux environs de Paris au printemps. Cyclope bleu , Cyclops cœruîeus. Bleu ; les antennes linéaires ; la queue droite , à deux bbes. Muller s Entomosr. tab. i5. fig. 1 , 9. Se trouve dans les marais. 228 HISTOIRE NATURELLE Cjclope rougeâtre , Cjcîops rubens. Rougeâtre ; les antennes linéaires ; la queue droite et bifurquée. Millier , Entornost. tab. 16. fig. i , 3. Voyez pi. 18. fig. 3 , où le mâle est figuré tràs- grossi. Se trouve dans les eaux stagnantes. Cyclope lacinulé , Cjclops lacinulatus. Les antennes linéaires; la queue courte, bifurquée. Muller, Entornost. tab. 16. fig. 4 , 6. Se trouve dans les marais. Cyclope porte-massue , Cjclops clavigere. Les antennes en massue , roides; la queue bifide. Muller, Entornost. tab. 16. fig. 7, 9. Se trouve dans les marais. Cyclope (juatlricorne, Cjclops quadricornis. Les antennes linéaires, au nombre de quatre ; la queue bifide. Lewenfioeck , Cont. Arc. JSat. fig. 1,2, 3. Batfcer, TMicrosc. tab. 7. fig. 1 , 2 ; et lab. i5. fig. 1 , 5. Aoese7, Ins. 3. tab. 98. fig. 1 , 2 , 3. Degeer. Ins. 7. tab. 39. fig. 11 , 12; et tab. 3o. fig. 1 , 5, 9. Geoff. Ins. 2. tab. 21. fig. S. Muller, Entornost. tab. 18. %. 1 , 4- Voyez pi. 18. fig. 4 , la femelle grossie. Se trouve dans les marais ; est fort commun aux environs de Paris. Cyclope crassicorne , Cjclops crassicornis. Les antennes larges et courtes; la queue avec deux (épines. Muller, Entornost. "tab. 18. fig. i5, 17. Se trouve dans les marais. 11 est très-rare. DES CYCLOPES. 22^ Cyclope porte-pince, Cyclope chelifer. Les antennes courtes , recourbées ; le corps sana articulations; la queue avec deux soies. Muller , Entomost. tab. 19. fig. 1 , 3. Se trouve dans l'eau de mer. Il est rare. Cyclope longicorne , Cyclops longicornis. Les antennes linéaires très-longues ; la queue par- tagée en deux. Acta. Hawn. 10. fig. 2.0, 23. Muller , Entomost. tab. 19. fig. 7, 9. Se trouve dans l'eau de mer. Cyclope captif, Cyclops captipus* Les antennes linéaires ; la partie antérieure dia corps élargie ; la queue droi/e , fendue. Muller, Entomost. tab. 19. fig. 10 , i3. Se trouve dans l'eau de mer. Cyclope minuticorne , Cyclops minutie omis* Les antennes linéaires courtes ; la queue fendue , à deux soies. Muller, Entomost. tab. 19. fig. 14, i5. Se trouve dans l'eau de mer. Cyclope brévicorne , Cyclops brepicornis. Les antennes du mâle onguiculées; les soies de la queue trèi-courtes. Act. Hawn. 9. tab. 9. fig. 1, 10. Se /rouve dans l'eau de mer. 23o HISTOIRE NATURELLE LIMULE , LiMVLVS , Fabricius. Point d'antennes. Deux antennules biarti- culées et chéliferes. Deux yeux écartés, Corps couvert par un large bouclier crus- tacé , divisé en deux pièces inégales par une suture transverse, et terminé par une queue subulée. Cintj paires de pattes. Rumphius , a , le premier , fait con- noître le singulier crustacé qui forme ce genre , et l'a appelé poliphème. Comme il a les plus grands rapports de forme avec les monocles, Linnœus l'a voit placé parmi eux sous le nom spécifique de Rumphius. Fabricius , éclairé par Muller , en a fait un genre particulier sous le nom de limule , Lamarck l'a imité, mais il a rappelé le nom imposé par Rumphius pour donner celui de limule au monocle de Geoffroy , ce qui jette une grande con- fusion dans la nomenclature la plus gé- néralement adoptée en Europe. Ï)ES LIMULES. 201 La limule est connue en France , sous le nom de crabe des moluques, parce qu'il vient de la mer des Indes , mais il se trouve aussi dans les mers d'Amérique , au rapport de Bosc , qui en a pris , un jour , onze dans la rade de Charleston, dont il n'a été posses- seur que quelques instans, un homme chez qui il les avoit déposées, les ayant lait jeter dans la mer en son absence. La limule a le corps composé de deux parties. La première , sous la- quelle est le corps , est une pièce crus- tacée, légèrement bombée en dessus , très-excavée en dessous, peu épaisse en son milieu, mais renforcée sur ses bords, arrondie en devant et sur les côtés , très-excisée , et découpée en arrière. Le bord antérieur de cette pièce se pro- longe en dessous , et forme un angle interne. Les yeux sont placés sur les côtés âe cette pièce , dans une rainure parai- 232 HISTOIRE NATURELLE îèle , et à quelque distance de ses bords.' Ils sont ovoïdes et peu saillans. La seconde partie , sous laquelle sont les branchies , est presque aussi longue que la première, également bombée, et comme elle , échancrée postérieu- rement avec deux pointes , mais elle est beaucoup moins large, et ses bords sont de chaque côté garnis de six épi- nes courbes et assez longues. En des- sus , il y a une légère carène au mi- lieu , accompagnée de deux rangées de courtes épines. La queue est plus longue que le corps , triangulaire , pointue à son ex- trémité , et articulée à sa base , qui est implantée dans l'échancrure de la seconde pièce. Il y a une rangée d'épi- nes courtes sur la carène , ou partie su- périeure de cette queue. En dessous , on voit d'abord , sous la première pièce , au bas de l'angle saillant dont on a déjà parlé, la bon- DES LIMULES. ^53 clie qui est accompagnée de deux an- tennules extérieures , courtes , à deux articles , dont le dernier est en pince ; six intérieures , deux grandes mandibu- les, etc., mais point d'antennes, ce qui est très-remarquable dans cette classe. Plus bas , sont cinq paires de pattes , à peine aussi longues que la largeur du test , les trois premières , munies de pinces très-courtes, à doigts égaux; les deux dernières onguiculées. On voit ensuite , sous la seconda pièce , une suite de branchies placées sur deux rangs, formées par des lames doubles, et d'épaisseurs inégales, qui, dans les femelles , portent les œufs dans le temps du frai. Les limules de l'Inde ont plus d'un demi-mètre de diamètre , ceux que Bosc a eus en sa possession étoient beau- coup moins grands, mais il est possible que ce ne soit pas la même espèce; il regrette beaucoup de n'avoir pu les étudier, attendu qu'aucun Naturaliste Crustacés. II. 21 234 HISTOIRE NATURELLE moderne ne les a encore observées en vie, et que l'examen de leurs branchies seulement pouvoit , à raison de leur grandeur , présenter des faits utiles à l'histoire des crustacés de cette division. Bosc a cependant remarqué que leur test est d'un brun verdâtre, beau- coup moins calcaire que celui des écre- visses , puisqu'il fléchit sous le doigt pendant la vie de l'animal , et se casse difficilement après sa mort. Lorsqu'il marche , on ne voit aucune de ses pattes , et dès qu'on le touche , il les retire entièrement contre son abdo- men, pose sur le sol les bords de son test , et relève sa queue, comme pour se défendre. Cette queue est très-redoutée en Caroline , comme dans l'Inde; on croit que sa piqûre est venimeuse; il y a tout lieu de croire que c'est un préjugé, mais cela ne seroit-il pas ? il est très-facile à l'homme de l'éviter , les mouvemens de l'animal étant très- circonscrits et très-lents. Bosc a pris DES LIMULES. 2û5 presque toutes celles qu'il a vues par cette partie, sans penser avoir quelque chose à craindre. Ce n'est qu'après son expédition faite , qu'il a été instruit des prétendus dangers qu'il y avoit courus. Les limules , en Caroline et dans l'Inde , dans les jours les plus chauds de l'été , viennent le soir sur les plages sablonneuses ou marécageuses , tou- jours , ou presque toujours le mâle porté sur sa femelle , qui est plus grosse, mais sans y être en état d'accouple- ment , ni cramponné violemment ; ils restent la nuit entière à moitié hors de l'eau , s'inquiettant peu de ce qui se passe autour d'eux , et ne cherchant à se sauver que lorsqu'ils se voient dans un danger déjà agissant. Ils n'ont qu'un très-petit morceau de chair bon à manger ; mais leurs œufs , qui sont nombreux, passent pour être délicats. Les Américains apellent les limules king-krab , et n'en font aucun usage a36 HISTOIRE NATURELLE comme aliment. Comme le test , dé- barrassé des parties internes, ressem- ble complètement à une casserole gar- nie de son manche , les esclaves nègres des bords de la mer , s'en servent pour puiser de l'eau , et remplir quelques autres objets , analogues , d'utilité do- mestique. On trouve dans les lettres d'André sur la Suisse , pi. 4 , la figure d'un limule pétrifié, très -bien caractérisé, trouvée dans ce pays. Limule polyphème , Limulus poljphemus. Test applati , un peu convexe ; la partie postérieure latéralement dentée ; la. queue très-longue , épineuse et pointue. Rumphius, Muj. tab. 12. fig. A , B. Séba , Mus. 3. tab. 17. fig. 1. Kempf. Japon, tab. i3. fig. 8. Olcar. Mus. tab. 28. fig. i , z. Schœff. Monog. 1756. tab. 7. Voyez pi. 16. fig. 6 , où il est représenté très- ré duite. Se trouve dans la mer des Indes , et dans celle d'Amérique. Limule cyclope _, Limulus cycîops. Test applati , un peu convexe , avec trois séries d'é- pines ; la queue très-large , sans épine , et pointue. Se trouve dans la mer des Indes. DES LIMULES. &J Limule blanc , Limulus aîhus. Test bombé avec trois carènes postérieures épineuses ; la seconde pièce avec une seule carène, quatre grosses épines , et plusieurs petites sur les bords. Queue très- unie. Se trouve probablement dans la mer des Indes. Cette espèce n'est pas plus large que la main , et a proportionnellement le test bien plus bombé que la pré- cédente. Les trois carènes de la pièce antérieure ne commencent qu'aux deux tiers de sa longueur ; mais celle du milieu un peu avant les autres. Elles ont cha- cune trois ou quatre épines , d'autant plus longues qu'elles sont plus prés du bord postérieur. La seconde pièce est , de chaque côté , bordée d'épines , dont les premières, celles de l'angle intérieure , et les dernières , sont les plus considérables. Les intermédiaires sont de beaucoup plus petites. La queue est de la longueur du corps , et absolument sans épines. Il y a des pinces à toutes les pattes. La couleur est par-tout d'un blane grisâtre. 2.00 HISTOIRE NATURELLE APUS, Apus, Fisch. Deux antennes simples; deux jeux distincts. Corps couvert par un bouclier d'une seule pièce ; des pattes nombreuses et foliacées; rjueue annellée, terminée par deux filets. Les crustacés dont il est ici question , ont été appelés apus par Frisch , mo- nocles par Linnœus et Fabricius , bi- nocles par Geoffroy , limules par Mill- ier et Lamarck. Dans la confusion de tous ces noms, qui ont aussi été donnés à des crustacés d'autres genres , on pré- fère ici de revenir, à l'imitation de Latreille, au nom primitif, qui servira, au moins, de point de ralliement à ceux qui seraient embarrassés de l'applica- tion des autres. Les apus donc sont des crustacés cou- verts d'un bouclier ou d'un test ovale, bombé, très -mince, arrondi en de- vant , et fortement échancré sur le der- rière, qui ne tient au corps que dan? DES A PUS. 20C) un seul point de la partie supérieure de la tête. L'échancrure postérieure forme, avec les bords, deux angles aigus , et ses côtés sont dentelés. Sa substance est plutôt cornée que calcaire, et en con- séquence sa flexibilité est extrême. Sur son dos postérieur se voit une foi- ble carène , qui fait une fourche sur le devant , et indique la place de la tête. Les yeux sont situés au-dessus de la tête , très-rapprochés, obliques, saillans, ovales , et accompagnés d'un petit tubercule , intermédiaire sur le derrière. En dessous , ce bouclier est concave, et laisse voir deux plaques rouges , où se trouvent des vaisseaux qui partent de son point de jonction avec le corps , et servent à sa nourri- ture. En devant il se replie , forme une cavité des deux côtés de la tête, et une saillie au milieu , qui couvre en partie la bouche , c'est le clypeus ) ou le cha- peron de Fabricius. Sous le chaperon on voit deux grandes mandibules, ar- 240 HISTOIRE NATURELLE quées , envoûte, minces, tronquées, et garnies de plusieurs dents à leur ex- trémité. Les mâchoires sont doubles , et peu apparentes , ainsi que la lèvre et les antennulles qui y sont insérées. Les antennes sont simples , très-courtes , filiformes , et insérées sous le chaperon. Le corps de l'animal commence à l'endroit de la jonction du test avec la tête. Il est composé d'une trentaine d'anneaux qui forment une légère cour- bure, et vont toujours en diminuant de largeur. Les dix premiers sont con- caves i ils ont sur le côté un tubercule d'autant plus petit qu'il s'éloigne de la tête ; dessous eux est un double rang de vésicules rougeâtres, et à côté une file de feuillets de même couleur, di- minuant dans la même progression. On voit très-distinctement toutes ces par- ties , lorsque après avoir levé le bou- cher, on regarde le dos de l'animal. Lorsqu'on considère l'apus en des- sous , on voit, immédiatement après k DES A PUS. 241 bouche , une suite de pattes , compo- sées de trois articulations , qui devien- nent de plus en plus courtes, et finis- sent par se réduire à un point tuber- culeux. La première paire de pattes , et par- conséquent la plus longue , est pour- vue , à sa partie supérieure , de trois longs filets inégaux, dont le plus petit est le plus extérieur , et est inséré sur sa patte, un peu plus bas que les autres. Ces filets sont articulés comme les an- tennes des écrevisses , et servent à la marche de l'animal. Toutes les autres pattes sont termi- nées par des lames ou des feuillets rou- geâtres. Il y en a un double rang. Us di- minuent en longueur, comme on l'a déjà observé, et finissent par se perdre à la moitié de la queue. Les feuillets du rang intérieur sont pointus jusqu'au mi- lieu du corps ; mais là , ils deviennent ronds, et conservent la même forme jusqu'à la fin. Les feuillets du rang ex- 242 HISTOIRE NATURELLE teneur grandissent de plus en plus en descendant, jusqu'au deux tiers de la longueur, où ils diminuent tout d'un coup , et se terminent avec les autres en un point. Ces feuillets ou lames sont les bran- chies qui servent à la respiration , com- me à la natation de l'animal. La queue commence en dessous , à l'endroit où finissent les branchies, mais en dessus , elle peut être considérée comme commençant , où se termine le bouclier. Elle n'est, au reste, que la continuation du corps , puisqu'il n'y a aucune différence dans son organisa- tion , aucune séparation positive. Cette queue est donc formée d'articulations presque cylindriques et garnies d'épi- nes en dessus et en dessous. Elle est terminée par une troncature et par deux filets articulés , comme ceux des pattes , et presque aussi longs que le corps» L'anus est entre ces deux filets. Il est formé par une pièce écailleuse ou sou- DES A PUS. 243 pape simple dans deux des espèces , et surmontée par une lame , épineuse en ses bords, dans la troisième. Les apus se trouvent dans les eaux stagnantes , boueuses , principalement dans celles qui sourdent dans la tourbe. On en trouve deux espèces aux environs de Paris, mais elles y sont rares. Bosc les a trouvées au printemps , dans les marais qui sont à la queue de l'étang de Montmorency- Une des espèces avoit les branchies garnies d'une immense quantité d'œufs. On n'a, au surplus, aucune observation sur leurs mœurs. On sait seulement qu'ils paroissent quel- quefois en quantité dans des mares. où on n'en avoit point vu les années pré- cédentes , et qu'ils en disparaissent de «même. Us meurent très-peu de temps après en avoir été tirés. ILes seconde et troisième espèces in- diquées par Lamarck , comme faisant partie de son genre limule, qui, comme on l'a dit , correspond à celui-ci , ap- 244 HISTOIRE NATURELLE partiennent à deux autres genres , et seront mentionnées séparément. Apus cancriforme , Apus cancriformis. Brun chaperon , presque carré , étroit ; queue tronquée entre les deux filets qui la terminent. Monoculus apus. Fab. — Binocle^ Geoffroy, Ins. 2 . pi. 21. fig. 4. Schaff. Monog, 1766. tab. i, 2. Frîsch. Ins. 10. tab. 1. Sirtz. Ins. tab. 24. fig. i53. Naturf. 19. tab. 3. fig. 1 ■ — 12. Se trouve dans les eaux stagnantes aux environs de Paris. Apus vert , Apus virirfis. Test vert ; le chaperon très-large , en demi-cercle , profondément denté en ses bords ; la queue tronquée entre les deux filets qui la terminent. Schaff. Monog. 1756, tab. 5. Se trouve dans les eaux stagnantes. Apus prolongé , Apus productus. Vert , à corps brun ; chapperon arrondi ; queue avec une lame saillante, applatie entre les deux filets qui la terminent. Schaff. Monog. 1756. tab. 6. Voyez pi. 16. fig.7 , où il est représenté de presque de grandeur naturelle. Se trouve clans les eaux stagaantes aux environs de Paris. Fol JI. -!'«1.j£. -Dcireve (/e/ I*e J^f/aîn / . // . / \re trouve sou ouverture, la véritable DES DAPHNIES. 2J l J bouche de l'animal. Il a un mouve- ment vermiculaire comme les vais- seaux des grands animaux , et on voit passer à travers les alimens que l'in- secte avale. La manière dont les daphnies se nourrissent ou attirent les alimens qui leur sont nécessaires est tout-à-fait sin- gulière. Quand elles ne nagent point, elles remuent les pattes avec rapidité, ce qui détermine un petit courant d'eau, qui , dirigé vers la tête , entraine dans l'entre - deux des coquilles toutes les matières menues et les animaux mi- croscopiques dont l'eau des marais est remplie en tout temps, et lorsqu'il y en a une assez grande quantité accu- mulée, elles ferment leurs battans, et choisissent ce qui leur convient. Il patoit, par quelques observations de Schœdèr et de Degeer, que les daph- nies ont, auprès de la bouche, de petites dents avec , lesquelles elies tuent les les animaux avant de les avaler, mais 2.^6 HISTOIRE NATURELLE cela n'est pas encore constaté d'une manière assez positive pour l'assurer ici. Il paroît encore, par les observa- tions du dernier de ces auteurs, que les épines de la queue servent principale- ment aux daphnies pour se débarrasser des matières étrangères qui sont portées entre les lames de leurs pattes, et qui gênent leurs mouvemens. Lorsqu'une daphnie a avalé quel- que chose , on voit ce quelque chose entrer et descendre plusieurs fois dans son intestin , et enfin disparoître tout-à- fait. Vers le haut du grand intestin, tout près de la tête , on voit deux autres vaisseaux courts cylindriques et arron- dis au bout , qui ressemblent à des intestins aveugles, et dans lesquels ou remarque un mouvement semblable à celui du grand intestin , mais il n'y passe jamais d'alimens. On ne peut en indiquer l'usage. La transparence de la coquille per- DES DAPHNIES. 277 met encore d'observer des muscles qui partent dans les environs de l'intes- tin, se rendent vers le dos , et ser- vent sans doute à attacher et à unir le corps à la coquille. Les plus anciens observateurs ont remarque' que les animaux de ce genre muoientou cliangeoient de peau comme les écrevisses. Il n'est personne qui n'ait pu vérifier ce fait dans les marais où il y a beaucoup de daphnies , la sur- face de l'eau et les bords étant , à l'époque de ce changement , c'est-à- dire vers germinal , souvent couverts de leurs dépouilles. Ces dépouilles sont très - transparentes , et il n'y manque aucune des parties extérieures de l'a- nimal , la coquille même y est entière , ce qui prouve, comme on l'a dit à l'ar- ticle des cypris , que cette coquille n'est pas de la nature de celles des moules et autres coquillages , mais de celle de la peau des écrevisses. Les daphnies ont presque dans tous 278 HISTOIRE NATURELLE les temps , au - dedans du corps , un ^rand nombre d'oeufs amoncelés tout le long du dos, ou placés exactement entre la coquille et le grand intestin. Ils sont d'abord parfaitement ronds, ayant dans leur milieu un petit corps circu- laire, qui représente le jaune de ceux des oiseaux, mais peu-à-peu ils saJongent, et on apperçoit, avec le temps , le mou- vement produit par les petits qui com- mencent à se développer. Lorsqu'ils sont arrivés au terme fixé par la naluie pour leur expulsion , l'animal baisse la queue, et dans le moment même, les petits sortent de son corps tout-à-la- fois , et comme à la hâte , par une grande ouverture que laisse l'éloûme- Hient de la queue entre les deux bat- tans de la coquille , vers sa partie post< - térieure , en dessous de celte même queue. Dès leur naissance les jeunes daph- nies, qui ne sont pas plus grosses que des atomes , nagent avec vitesse , et ne DES DAPHNIES. 279 diffèrent presque de leur mère qu'en ce qu'elles n'ont pas cette courbure du dos où est le réceptacle des œufs. D'après ces faits, on ne douteroitpas que les daphnies ne fussent vivipares, et en effet elles le sont , mais seulement l'été. Pendant l'hiver, ou mieux, le printemps elles sont ovipares , c'est-à- dire qu'elles laissent sortir leurs œufs avant que les petits aient acquis toute leur grandeur. Les Naturalistes, qui, les premiers, ont observé les daphnies , ont beau- coup varié sur la nature de leur ac- couplement. Les uns les ont crus her- maphrodites , mais cependant avec l'o- bligation de s'accoupler ; d'autres ont prétendu qu'il y avoit parmi eux des mâles et des femelles. Muller a résolu la difficulté. Il a reconnu des mâles et des femelles , et même décrit leur dif- férence. Le mâle, dans ce genre est généra- lement plus petit et plus alongé , ou ïi8o HISTOIRE NATURELLE mieux , moins arrondi que la femelle 7 et présente quelques différences exté- rieures qu'il est inutile de détailler ici. Les organes de la génération sont pla- cées derrière et plus bas que les an- tennes. Ils consistent en deux filets, un. de chaque côté , articulés à leur base , tronqués à leur sommet , et qui varient dans leur forme , leur longueur et leurs accompagnemens , selon les espèces. Ces organes sont presque toujours ca- chés sous les premières paires de pat- tes, de sorte qu'il n'est pas étonnant qu'ils aient été peu remarqués , ce- pendant Joblot les avoit découverts, mais sans en deviner l'usage. Les organes de la femelle , qui a été , presque toujours , la seule figurée par les auteurs , sont placés sur la partie postérieure du dos , à la base supérieure de la queue , dans le lieu , enfin , par où on a dit que sortoient les petits. L'accouplement se fait donc de mâle à femelle , et d'une manière analogue DES DAPHNIES. 281 à celle des écrevisses et autres crusta- cés. On a figuré à la pi. 18, un mâle et une femelle pour faire sentir leurs dif- férences de forme, et le premier avec ses organes de la génération développés. On ignore si ces deux organes agissent; à-la-fois ou séparément. Les daphnies sont extrêmement com- munes. Elles sont si abondantes dans certaines mares qu'elles en couvrent la surface dans une profondeur de plu- sieurs centimètres. Comme elles sont souvent colorées en rouge , elles ont fait croire quelquefois que l'eau avoit été changée en sang, et ont causé, par là, de grandes frayeurs aux habitans igno- rans et superstitieux des campagnes. On en trouve toute l'année , mais prin- cipalement au printemps et en automne. Pendant les chaleurs de l'été , une grande quantité périt, soit par le dessè- chement des mares, soit par la cor- ruption de leur eau, soit par les ra- vages de leurs ennemis. Crustacés, II. 2-5 282 HISTOIRE NATURELLE Ces ennemis sont les oiseaux aqua- tiques , et tous les animaux , soit de la classe des insectes , soit de celle des vers , qui vivent dans l'eau. Le nombre par conséquent en est très-considérable. Les hydres , ou polypes , les moins dangereux sans doute de ces ennemis, en font cependant une si grande con- sommation , au rapport de Trembley , qu'on ne peut concevoir que l'espèce puisse s'en conserver dans les mares où ces deux genres d'animaux se trouvent ensemble. Mais la multiplication des daphnies est encore plus rapide que celles des hydres. Les daphnies paraissent pouvoir ? comme lescypris; maïs peut-être moins, se conserver en vie dans la terre hu- mide , pendant un assez long temps. Du moins c'est par là qu'on peut ex- pliquer pourquoi il s'en trouve souvent beaucoup en automne dans les mares qui ont été desséchées pendant l'été. rolJT .JPaç ,*8 4 FI. 28. JJeirostrîs % La queue repliée en dedans ; le test antérieure- ment velu ; les iastrumens de la génération du mâle , courbés et pendans. Muller, Ea'omost. tab. l3. fîg. i , 2. Se trouve daDS les eaux des marais bourbeux. Daphnie pointue , Daphnîa mucronata. La queue repliée en dedans ; le test antérieure- ment et intérieurement terminé par une pointe. Degeer, lus. 7. tab. 28. fîg. 3 , 8. Muller, Ent. tab. i3. fig. 6 , 7. Se trouve dans les marais. Daphnie cristalline , Daphnia crystallîna. La queue repliée en dehors; le test sans pointe, les instrumens de la génération du mâle , épais et courts. Degeer, Ins. 7. tab. 29. fig. 1 , 4. Muller , Entomos. tab. 14. fig. 1 , 4. Se trouve dans les eaux dormantes. Daphnie sétifère , Daphnia setifera. La queue droite ; l'angle antérieur du test avec un faisceau de poils. Muller , Entomost. tab. 14. fig. 5 , 7. Se trouve dans les eaux dormantes. DES POLYPHÈMES. s85 POLYPHÈME, Polyphemvs, MulL Va seul oeil en forme de tête ; une espèce de corcelet ; deux rames , ou bras four- chus 3 une queue insérée sous le ventre. Ce genre a été établi par MuIIer, et n'est composé que d'une espèce , que quelques Naturalistes ont cru être une larve. Il est appelé par Lamarck cépha- locle , et ne doit pas être confondu avec le polyphème du même auteur, qui est le limulus polvphemus de Fabricius. La forme du polyphème peut en effet faire croire qu'il n'est qu'une larve; mais le témoignage de Degeer, qui lui a vu faire des œufs , suffit pour convain- cre du contraire, puisqu'il prouve qu'il est réellement , pour se servir du lan- gage des Entomologistes , dans l'état parfait. La tête du polyphème est ronde , avec un casque écailleux, qui recouvre une grande sphère noire , mobile en 286* HISTOIRE NATURELLE tout sens , qui est l'œil. Cet œil est extrêmement gros , relativement au volume de l'animal , et il en part de petits rayons , qui vont se perdre à la surface du casque dont il vient d'être parlé. Le corps est divisé en deux parties par une espèce d'étranglement. La pre- mière , à laquelle sont attachés les bras , les pattes , et la queue , peut être appelée le corcelet. La seconde, qui renferme les œufs et les petits, ne peut être méconnue pour le ventre. Les bras sont attachés aux deux cô- tés du corcelet , dans son milieu. Ils sont composés d'une longue tige cylin- drique , articulée au corcelet , qui se divise en deux branches presque aussi longues qu'elle. Les deux branches sont égales , et divisées en cinq articulations , dont les bases sont garnies chacune de quatre filets. La dernière de ces arti- culations a aussi trois de ces filets à son sommet. Ces six filets sont mobiles DES POLYPHÈMES. 287 comme les branches mêmes , et ont , au milieu, une articulation qui les divise en deux parties , et qui augmente leur flexibilité. Le polyphème a huit pattes en forme de nageoires, placées par paires , et attachées en dessous du corcelet ou de ia première partie du corps ; elles sont un peu inclinées vers la tête, mais en même temps courbées en arrière , et entièrement à découvert , c'est-à-dire qu'elles ne sont point enfermées dans l'écaillé qui couvre le corps, comme Je sont celles des cypris et des daph- nies. Ces pattes sont garnies de plu- sieurs filets mobiles en forme de poils, dont il y a toute une suite le long du bord inférieur , et quatre beaucoup plus longs à l'extrémité de la patte; les deux antérieures sont beaucoup plus courtes que les autres. La longue queue qui est attachée en dessous du corps , tout près de la der- nière paire de pattes , n'est pas non 288 HISTOIRE NATURELLE plus renfermée dans Je corps , ou dans «ne écaille, mais elle est située entiè- rement en dehors, dirigée en arrière, et appliquée le long du ventre qu'elle excède beaucoup. Elle est presque droite , ayant seulement une petite in- flexion dirigée en haut, et garnie de petites pointes en forme de dentelures tout le long du bord inférieur, et ter- minée par deux longs filets qui for- ment la fourche. La transparence de la peau cru§- tacée, qui couvre le corps , permet d'y voir quelques-unes des parties internes. On observe d'abord au milieu du corps, dans la partie antérieure , un gros vais- seau noir , courbé en demi-cercle , qui prend son origine près de la tête, et qui aboutit près de la base de la queue, où il a sans doute son issue , car c'est le grand intestin. Il n'est visible que quand il est rempli d'alimens. Dans l'endroit du dos où lecorceletse trouve uni au ventre, on remarque une petits DES POLYPHÈMES. 289 tache triangulaire qu'à son battement continuel , on ne peut se refuser de regarder comme le cœur. Quand le ventre est plein d'em- bryons , il est presque rond ; quand il est vide, il est ovale alongé. On voit ces embryons à travers la peau. Degeer les a vus sortir du corps de leur mère tous à-la-fois , et aussitôt se mouvoir avec vitesse. Ordinairement le polyphème porte la tête un peu baissée, et rapprochée des pattes; mais quand il la hausse ou la redresse, elle paroît comme placée sur un cou fort alongé. Il nage avec beaucoup de rapidité par le mouvement combiné des bras et des pattes en na- geoires , et toujours, dans ce cas, il se met sur le dos , position qui facilite sans doute sa marche. On ne connoît point encore le mâle du polyphème dont les mœurs ont en- core besoin d'être étudiées par quelque patient observateur. On le trouve dans 3<)0 HISTOIRE NATURELLE. les eaux dormantes , mais pures. Bosc l'a trouvé plusieurs fois aux environs de Paris , mais jamais avec l'abondance des cyclopes et des daphnies, quoiqu'on assure qu'il multiplie autant et plus que les espèces de ce genre. C'est par erreur que Degeer lui donne pour sy- nonyme le monocle à queue retroussée de Geoffroy, ou la daphnie quadran- gulaire. Ce Naturaliste ne l'a point connu. Il n'a encore été figuré que par Degeer , Insectes , pi. 28 , fig. 9 et i3; et par Muller, Eutomost. tab. 20 , fig. 10. Les figures 5 et 6 de la pi. 18 , le représentent grossi 5 vu eu dessus et de côté. 71 N DU TOMB SECON TABLE FRANÇAISE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE des Genres des Crustacés contenus dans les deux volumes. Albunéî, Alphée , Apus , > Aselle , Binocle , Bopyre , Brancliiopode , Calappe , Calige, Chevrolle t Crabe , Crangon , Crevette, Cyarne , Cyclope , Cj^mothoa , Cypris , Cythérée 9 B. C. tom. P^ II, i II, IC II, 238 II, i5t II, 199 II, 213 II, 124 I, s 7g II, l 9 r II, i55 I, 161 II, 94 II, i3 9 II, zoz II, Zl6 II, 2cR II, 245 II, zS 9 3(^2 TABLE FRANÇAISE. D. tom. pag. Daphnie , II, 266 Doripe , I, 204 Dromie , 1 , 2.2.6 E. B crevisse , 1 , 21 Galalhée, Grapse , Hippe , Idotée , Leucosie , Ligie , Linnile , Iyncée , Matute , Maja, Ocypode , Orythie , Pagure , Palaemon , Palinure , Péné, G. H. I. L. M. O. II, Bo I. 199 II, 7 II, 171 I, 23 4 II, 187 II, 23o II, 262 I, 22$ I, 24S I, i85 I, 222 II, 63 II, 97 II, 88 II, 108 TABLE FRANÇAISE. 2<)3 tom. pag. Pinnothère , I, 23^ Podopbtalme , Polypbème , Porcellane , I, 221 II, 285 I , 2SO I , 2O9 P or tu ne , II, 5 Posydcn , B. II, i3 Ranine , S. II, 1 6 Sc3-llare , II, 182 Spherome , II, ni Squille , T. II, 148 Taliire , Z. II, 1 3-5 Zoé, FIN DE TA TABLE FRANÇAISE TABLE LATINE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE «ies Genres des Crustacés contenus dans les deux volumes. -A PUS, Albunea , Alpheus, Aiellus , Aitacus , £ inoculas , Bopyrus , Branchiopoda , Calappa , Caligus , Cancer , Caprella , Crangon, Cyamus , Cyclops , Cymothoa , Cypris , Cythere , A. 13. C. tom. P a g» II, i38 II, 1 II, 107 II, i5 7 II, 21 II, 199 II, 2i3 II, 124 I, 179 II, 191 I, iCr II, i53 II, 94 II, 202 II, 216 II, -08 II, 24S II, 25$ TAB] LE iATINE. 295 D. tom. pog. Daphnia , II» 266 Doripe , I, 204 Dromia , G. I, 22$ Galathea, II, 80 Gammarus , II, I3 9 Grapsus , H. I, 199 Hippa , I. II, 7 Idotea s L. II, 117 Lencosia t II, 234 Ligia , II, 187 Lirrralus , II, 23Q lyceeus , M. II, 262 Maja , i; 245 Matuta , O. i, 223 Ocypoda t i, i8i Orythia , P. i, 2.2.2 Pagure , ii, 63 Palœmon , ii, 97 Palinurus , ii, 83 Penseus , ii, io3 Pitmotheres , i, 23 ? PodophtaJwnSj i, ZH.Ï. 21)6 TABLE LATINE, tom. pag, Polyphemus , II, ^85 Porcellana , I, £3o Portunus, I, 209 Posydon , R. II, 5 Ranina , " — _ S. II, i3 Scyllarus , II, 16 Splvoroma , II, 182 Squilia , T. II, il r Talitms, Z. II, 148 Tkà II, i3" FIN DE LA TADLE LATINE. LIVRES Qui se trouvent chez le même Lilraire B Aventures ( les ) de don Quichotte de la Manche , traduites de l'Espagnol, parFlorian, et imprimées par Didotl'aîné, en 6 vol. in-18 , sur carré fin d'Angou- lême, ornés de 24 jolies figures, brochés et étiquetés. 18 fr. —Les mêmes, 6 vol. in-18 , sur carré vélin satiné , avec les 24 figures _, premières épreuves , brochés et étiquetés. 36 fr. — Les mêmes , 6 vol. grand in-18, sur grand raisin vélin satiné, fig. avant la lettre, dont il y a peu d'exemplaires, cartonnés et étiquetés. 72 fr. —Les mêmes, 3 vol. in-8° , imprimés égale- ment par Didot aîné, sur beau papier et beaux caractères, avec 24 fig., brochés et étiquetés. 18 fr. — Les mêmes , 3 vol. in-8° , sur papier vé- lin, satiné, avec les 24 figures, brochés et étiquetés. 36 fr. 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